Espagne: progression spectaculaire de la gauche radicale en Andalousie

Les anticapitalistes andalous de Adelante Andalucía ont fortement progressé aux élections du parlement régional du 17 mai dernier. Ils font plus que doubler leur nombre de voix (9,6%) et quadruplent leur nombre de sièges (de 2 à 8) par rapport à leurs résultats de 2022. Ils dépassent ainsi largement Por Andalucía (6,3%), une coalition des forces issues de Izquierda Unida, de Podemos et de Sumar, qui paie ses alliances avec le PSOE.
 

Ensemble, les formations politiques situées à la gauche des socialistes rassemblent 15,8% des voix, contre 13,8% pour l’extrême droite de Vox. Toutefois, les anticapitalistes andalous, clairement opposés à la politique de la social-démocratie, ont pris la tête de la résistance à gauche, menant désormais la vie plus dure à l’extrême droite de Vox. (JB)

Avant de donner la parole à un membre d’Adelante Andalucìa, David de la Cruz, qui répond aux questions de Manuel Gari, nous avons traduit un large extrait de l’analyse à chaud des résultats, publiée par le quotidien national numérique Público.

Adelante Andalucía s’est imposé ce dimanche comme le parti de référence de la gauche alternative de la communauté. Le parti progresse dans les huit provinces, y compris celles où il n’a pas obtenu de représentation. Et il a dépassé de trois points les résultats de la coalition composée d’Izquierda Unida, de Podemos et du Mouvement Sumar.

Le parti anticapitaliste siège à l’assemblée régionale depuis 2018, mais à l’époque, Podemos, Izquierda Unida-Los Verdes-Convocatoria por Andalucía, Izquierda Andalucista et Primavera Andaluza s’étaient présentés sous la même bannière.

Teresa Rodríguez a dirigé le parti en vue des élections de 2022, remportant deux sièges au Parlement de Séville, contre les cinq obtenus alors par la candidature de Por Andalucía. Sa nouvelle tête de file, José Ignacio García, a axé sa campagne sur la mobilisation de l’électorat mécontents du PSOE et sur la prise en compte de la « colère » de « nombreuses familles » que l’extrême droite tentait de capter.

Le parti andalou a progressé dans toutes les provinces. Adelante Andalucía a obtenu des sièges à Séville (2), Cadix (2), Malaga (1), Cordoue (1), Huelva (1) et Grenade (1), mais a également progressé en termes de voix à Almería et Jaén. En 2022, la formation avait dû se contenter de deux sièges, un pour Séville et un autre pour Cadix.

« Adelante Andalucía est là pour rester. L’andalousisme est là pour rester. Nous ne nous contentons pas du résultat de ce soir, loin de là. Nous n’avons pas chassé la droite [du gouvernement régional] et nous en sommes conscients, mais les bases ont été jetées pour la virer [à l’avenir], tout vient à point à qui sait attendre », a reconnu José Ignacio García lors de l’analyse des résultats. « Nous n’y sommes pas parvenus, mais nous pouvons affirmer que nous avons privé le Parti populaire de sa majorité absolue », a-t-il poursuivi. L’objectif initial du parti était d’expulser Juan Manuel Moreno Bonilla du Palais de San Telmo, un objectif que le candidat dit « ne pas avoir atteint ». Le Parti populaire a toutefois perdu cinq sièges par rapport aux élections de 2022.

José Ignacio García a également mis en avant « l’engagement militant » et a adressé des mots de « remerciement » aux 400 000 Andalous et Andalouses qui ont choisi le bulletin de vote d’Adelante Andalucía. « Nous ne vous décevrons pas. Ce n’est que le début », a promis le natif de Jerez. García a de nouveau revendiqué son parti comme un « parti indépendant » du PSOE et en a profité pour adresser un message aux électeurs de la gauche alternative :

« Adelante Andalucía est l’outil le plus utile contre la droite, contre les populistes et les fascistes (…) Face à la voie de Moreno Bonilla, celle de la privatisation et de la précarité du travail, il n’y a que la voie de l’andalousisme. Le seul outil qui a prouvé qu’il pouvait ravir la majorité absolue au PP », a-t-il assuré. 

Adelante Andalucía s’est placé devant Por Andalucía dans toutes les provinces sauf à Cordoue, Jaén et Almería, étant donné que dans ces deux dernières, aucune des deux forces de la gauche alternative n’a obtenu de représentation. José Ignacio García s’est imposé haut la main à Séville, Malaga et Cadix, province d’origine du candidat et où le parti andalou (14,35 %) a presque obtenu le triple de suffrages de la coalition dirigée par Antonio Maíllo (5,25 %). Parallèlement, les anticapitalistes ont obtenu plus de voix et de sièges que l’extrême droite à Séville et Cadix. « Ce soir, une force alternative de gauche et souverainiste a devancé les fascistes dans deux provinces », a déclaré la tête de liste d’Adelante Andalucía après la fermeture des bureaux de vote.

La progression du parti a été particulièrement marquée dans les communes de Malaga, Cordoue et Séville. Le détail par province après le scrutin de ce dimanche se présente comme suit. Adelante Andalucía passe de 3,77 % des voix à 9,33 % à Malaga ; il passe de 3,95 % à 8,02 % à Huelva ; il progresse de 6,26 % à 12,9 % à Séville ; de 3,48 % à 8,35 % à Cordoue ; de 1,78 % à 4,36 % à Jaén et de 3,17 % à 6,83 % à Grenade. Les cinq provinces affichent des hausses de plus du double par rapport aux chiffres de 2022. À Cadix, les anticapitalistes passent de 8 % des suffrages à 14,34 %. Et à Almería, ils passent de 1,74 % à 3,09 %.

Le succès de la gauche anticapitaliste régionaliste andalouse peut également être interprété à l’échelle nationale. Ce résultat s’inscrit dans la logique d’autres scrutins, comme ceux d’Aragon et de Castille-et-León, où les vainqueurs – au sein de la gauche alternative – étaient également deux partis implantés localement : Chunta Aragonesista (CHA) et Unión del Pueblo Leonés (UPL). Le débat est désormais lancé. L’électorat ont préféré une gauche régionaliste à une gauche fédéraliste. C’est ainsi que l’a interprété José Ignacio García, qui a confirmé son intention de se présenter aux prochaines élections générales dans les huit provinces andalouses :

« En tant que principale force de gauche, nous nous attelons à relever le défi historique qui nous attend. Adelante Andalucía sera présente au Congrès des députés, mais elle sera également présente dans chaque mairie et dans chaque combat, construisant une alternative pour la classe ouvrière d’Andalousie ».

* On peut lire la totalité de cet article en espagnol dans le quotidien Público du 17 mai 2026 (actualisé le 18 mai) sous le titre : « Adelante Andalucía triunfa al multiplicar por cuatro sus diputados y duplicar los votos »

Víctor López est un journaliste d’investigation

Manolo Garí  s’est entretenu pour Viento Sur avec David de la Cruz, militant d’Anticaptalistas Andalucía et membre de la direction d’Adelante Andalucía.

Manuel Garí : Tout d’abord, et avant toute chose, toutes mes/nos félicitations au nom de Viento Sur pour le résultat obtenu par Adelante. Avant d’aborder les analyses et les leçons politiques, je te demande, en tant que journaliste, quelles sont les données les plus pertinentes qui ressortent de ces élections.

David de la Cruz : Pour moi, il y a trois éléments clés spectaculaires. Le premier : historiquement, jamais auparavant en Andalousie un parti n’avait connu une croissance comparable à la nôtre en quatre ans. Il y a des cas comme celui de Podemos, mais ce n’était pas une nouvelle formation et, bien sûr, le contexte était absolument différent. Passer de 2 à 8 député·es est un résultat historique.

Deuxièmement, nous avons devancé l’extrême droite dans deux provinces. À Séville et à Cadix, nous sommes la troisième force.

À Cadix, nous sommes même devenus la seconde force. Et, en extrapolant les données avec les résultats de toutes les forces politiques, même en sachant que chaque élection est un cas à particulier, [avec son résultat] Adelante remporterait la mairie.

MG : Quel est le fait le plus saillant de cette élection ?

DC : Adelante Andalucía a permis de ravir la majorité absolue au PP.

 

MG : Vous avez manifesté une émotion contenue le soir des élections au local du Centre social La Yerbabuena à Jerez. Cette expression reflète-t-elle des sentiments politiques contradictoires face aux résultats ?

DC : Tout à fait. Il est vrai que les résultats d’Adelante Andalucía sont très positifs, mais nous ne faisons pas de politique pour gagner des sièges. L’objectif était clair : chasser la droite. Nous nous retrouvons désormais avec un gouvernement andalou où les politiques néolibérales, réactionnaires et racistes du PP et de Vox vont continuer à se développer pendant quatre ans. Et cela a de lourdes conséquences en termes de perte de droits fondamentaux et de démantèlement des services publics.

En réalité, Vox ne progresse pas comme annoncé, il a montré son vrai visage fasciste pendant la campagne et nous l’avons dénoncé. D’autre part, le marketing du PP pendant la campagne, qui présente la figure prétendument modérée de Juan Manuel Moreno Bonilla, a été démasqué, puisqu’il continue d’une manière ou d’une autre à marcher main dans la main avec Vox, à qui il demande aujourd’hui de le laisser gouverner. Cependant, deux facteurs vont mettre la droite sous pression. Le premier, ce sera une opposition plus forte, tenace et incisive des huit député·es d’Adelante. Le second, ce sera l’organisation et la lutte dans la rue où nous sommes déjà et où nous serons avec des efforts redoublés, aux côtés des mobilisations sociales. Comme nous l’avons dit le soir des élections, la fin du règne de la droite a commencé le 17 mai.

 

MG : Parlons de votre campagne. À quoi tient l’écho et l’accueil que vous avez reçu ? Des commentaires bien informés ont souligné les innovations en matière de communication que vous avez utilisées.

DC : Il est vrai qu’on pourrait évoquer ici le discours frais et novateur de José Ignacio [Anticapitalistas Andalucía, principal dirigeant et porte-parole d’Adelante Andalucía], qui combine une approche profondément politique, avec un discours très simple à comprendre, malgré la complexité des sujets. On pourrait également parler de l’utilisation des réseaux sociaux ou d’un certain langage.

Mais pour moi, il y a deux éléments clés : dans notre campagne, il n’y a pas eu de politicaille. On a parlé de l’essentiel, des questions concrètes qui touchent l’Andalousie : le logement, la santé, l’école et les droits. Il y a aussi eu le travail militant d’Adelante, minutieux au sein de chaque conflit, dans chaque commune et dans chaque quartier, que nous avons construit depuis de nombreuses années. Tout cela a été porté par un candidat auquel les gens s’identifient parce qu’il endure des mêmes problèmes et parce qu’il s’exprime avec joie, et non avec colère.

 

MG : D’autres commentateurs ont accordé plus d’importance à la combinaison de propositions compréhensibles et novatrices, d’autres à des éléments plus subjectifs. Comment avez-vous combiné raison radicale et émotion populaire ?

DC : En les imprégnant de bon sens. Il n’est tout simplement pas logique que le logement serve à la spéculation et non à vivre. Tout ce qui s’écarte de cela est antisocial et contre nature. Il n’est pas logique que des banques ou des fonds vautours détiennent 7 000 ou 10 000 logements.

Il n’est pas non plus logique que des milliards d’euros soient consacrés à la santé privée alors que vous ne pouvez pas obtenir un rendez-vous en soins de première ligne dans votre centre de santé. Il n’est pas logique de réduire les impôts des grandes fortunes ou d’accorder un allègement fiscal aux salles de sport, alors que les assurances privées augmentent parce que les listes d’attente sont interminables.

Ce n’est pas logique que le repas de votre enfant à l’école soit entre les mains d’une multinationale qui le prépare avec des produits de mauvaise qualité à des milliers de kilomètres de là.

Le capitalisme veut donner une apparence de logique à des éléments qui en sont dépourvus, qui sont profondément artificiels et antisociaux. Et quand on les dénonce, le mensonge de ce système s’effondre, se décompose.

Et c’est ce qui se passe avec le PP et l’extrême droite, qui veulent vous faire croire que le problème du logement est causé par les squatters, et non par l’enrichissement d’une minorité aux dépens de la misère.

 

MG : À qui et à quels secteurs vous êtes-vous principalement adressés pendant la campagne ?

DC : Au peuple andalou au sens le plus large du terme. À la classe ouvrière. À la majorité sociale, diverse et hétérogène, à qui les mêmes choses font perdre le sommeil quand la nuit tombe. Aux 99 % de la population qui partagent les mêmes préoccupations. En définitive, et je crois qu’il faut nous en imprégner, à la majorité sociale. Parce que c’est ce que nous sommes.

 

MG : Quelle place occupait la jeunesse dans cette population visée ?

DC : C’est un élément clé. Vox veut capter le vote des jeunes. On a essayé de nous faire croire que la jeunesse est de droite, fasciste, raciste… et ce n’est pas vrai. La jeunesse est en manque de message. Et cela s’est vérifié. Quand on s’adresse vraiment à la jeunesse, sans paternalisme, et qu’on lui parle de ses problèmes, des privatisations de la formation professionnelle, de l’université, de l’impossibilité de s’émanciper, des emplois précaires, de la liberté d’être et de ressentir.

Quand on parle de ça, qu’on la place au centre et qu’on lui montre que la solution à ses problèmes ne passe pas par regarder à côté, ni par baisser la tête, mais par porter son regard vers le haut, la jeunesse se reconnaît. Parce qu’elle est bonne, parce qu’elle n’est pas mauvaise, parce qu’il existe un discours plus fort que la simple haine.

 

MG : Avez-vous pu rivaliser à armes égales avec Vox pour offrir un exutoire politique à la rage et à la frustration de la jeunesse et de larges couches de la classe ouvrière, comme l’a souligné à maintes reprises José Ignacio García, le Gafa ?

DC : Non seulement nous avons réussi à rivaliser, mais nous l’avons battu dans deux provinces, à Séville et à Cadix. Tout cela avec une infime partie des ressources dont dispose Vox. Ce qui montre qu’un espace s’ouvre. Et que ce n’est que le début.

 

MG : On sait bien que lorsqu’on élabore un programme électoral, de nombreuses questions sont incluses et abordées, mais quels ont été les axes et les thèmes fondamentaux de la campagne ?

DC : Le logement, l’emploi, la santé et l’éducation. Dans une perspective de gauche, écologiste, durable, féministe, inclusive et publique. De même, les problèmes des territoires, des régions et des communes. Les problèmes de mobilité et l’absence de transports publics ; et je parle d’absence, pas même de qualité, car dans de nombreux endroits, ils sont tout simplement inexistants.

 

MG : Certaines personnes ont avancé que les résultats auraient été meilleurs s’il n’y avait eu qu’une seule candidature à la gauche du PSOE [la somme des suffrages de AAdelante Andalucía et de Por Andalucía donne 15,9%, NDT]. S’il n’y avait eu qu’une seule candidature, cela aurait-il entraîné une addition des voix ou des votes croisés, comme l’ont souligné divers commentateurs le soir des élections ?

D. C. : Ce n’est pas le cas. En réalité, l’espace s’est élargi. La candidature traditionnelle de gauche a obtenu le même nombre de député·es qu’auparavant, tandis qu’Adelante Andalucía l’a multiplié par quatre. Nous avons ainsi touché des personnes qui se sentaient orphelines, qui optaient pour l’abstention, qui ne s’identifiaient à aucune proposition. L’hypothèse d’Adelante Andalucía était la bonne. L’Andalousie avait besoin d’un parti défendant notre région issu de la classe ouvrière et au service de celle-ci.

 

MG : À mon tour, je vous demande : quelles sont les différences politiques fondamentales entre les deux candidatures qui justifient leur existence séparée ?

DC : Il y a des différences. Certaines sont programmatiques. Mais il y en a deux qui, pour moi, sont essentielles.

La première, c’est que nous sommes une force andalouse qui prend ses décisions sur le territoire au sein du territoire, qui ne dépend pas de Madrid, mais qui parle et place l’Andalousie au centre, sans que personne ne la mène à distance.

La seconde, c’est que nous n’aspirons pas à être les subordonnés du PSOE, nous ne co-gouvernons pas avec le PSOE, nous ne sommes pas complices de ses politiques, et nous ne négocions pas notre entrée au gouvernement pour quatre sièges. Notre indépendance vis-à-vis du bipartisme est absolue.

Il y a ensuite d’autres questions, comme la limitation des mandats ou le renouvellement des cadres, qui ne sont pas, selon moi, uniquement symboliques, mais politiques, car nous démontrons que nous ne venons pas pour faire carrière en politique, mais pour tout changer. Nous nous investissons en donnant le maximum pendant quelques années, puis nous quittons les institutions et continuons à lutter.

 

MG : Parlons de l’avenir immédiat. Que comptez-vous faire face à l’investiture de Juan Manuel Moreno et à l’éventualité que Vox exige d’entrer au gouvernement ?

D. C. : Nous voterons contre. Nous nous opposons catégoriquement à l’extrême droite, mais aussi à la droite extrême. Car au fond, c’est la même chose, même si les manières brutales sont remplacées par le sourire.

Et c’est pour ça qu’ils nous trouveront face à eux dès la première minute. Jusqu’à ce que nous puissions les chasser.

 

MG : Quelle nouvelle relation allez-vous entretenir avec Por Andalucía [coalition issue majoritairement de Podemos et d’Izquierda Unida, NDT] ? Évidemment, l’unité d’action dans la mobilisation pour les revendications populaires sera au rendez-vous, mais envisagez-vous des axes de collaboration à l’Hospital de las Cinco Llagas (au fait, quel nom fameux pour un bâtiment abritant un siège parlementaire) ?

D. C. : Nous sommes des organisations politiques différentes, mais pas des adversaires. Et nous l’avons démontré durant la campagne. Adelante Andalucía a toujours su clairement où se trouve l’ennemi, toujours, y compris au cours des années passées. Toutes les organisations ne peuvent pas en dire autant. À partir de ce principe fondamental, nous construirons une relation en sachant qu’il y aura une unité d’action et une alliance parlementaire sur de nombreuses questions vitales. Car, finalement, nous serons le bloc de la résistance face aux politiques du PP et de Vox. En mettant au centre la protection et la conquête des droits fondamentaux tels que la santé, l’éducation ou les politiques du logement, entre de nombreuses autres questions.

 

MG : Quelles sont les tâches centrales d’Adelante Andalucía en matière de construction après le succès obtenu dans les quartiers populaires des villes et dans tant de villages ?

DC : Outre la nécessité de nous implanter plus fortement, notamment à Jaén et à Almería, les deux seules provinces où nous n’avons pas de représentation, il est fondamental de renforcer notre travail militant de terrain après les élections, de garantir que notre organisation soit présente dans les conflits qui s’ouvrent, tisse des liens organisationnels et ait pour objectif la transformation de la réalité. Désormais, avec notre groupe parlementaire, nous disposerons d’outils pour intensifier et approfondir ce travail de construction, car les changements ne viennent que de la base, car nos projets politiques doivent être soumis à la militance, à nos racines aux conflits quotidiens. Nous ne concevons pas les choses autrement.

 

MG : Sur le plan électoral, deux rendez-vous marqueront un tournant pour Adelante Andalucía : les élections générales et les élections municipales. Les deux constitueront un défi de taille. Allez-vous présenter des candidatures aux Cortes ? Les élections municipales peuvent-elles constituer un bon terrain d’action pour consolider un projet andalou de et pour la classe ouvrière ?

DC : Pour les premières, oui, bien sûr. Nous avons besoin d’une force de gauche andalouse aux Cortes qui soit suffisamment forte pour que notre territoire cesse d’être traité comme une périphérie politique. Les problèmes de l’Andalousie doivent, pour une fois, être placés au centre. Et nous aspirons à être au Congrès et à jouer un rôle déterminant.

Sur ta deuxième question, bien sûr. Nous croyons profondément au municipalisme et à sa capacité à transformer les problèmes du quotidien. Le municipalisme est l’institution la plus proche des gens. Et il permettra de nous consolider. À Cadix et dans d’autres villes et communes, nous sommes la deuxième force politique, c’est pourquoi les gens exigent que nous soyons présents.

 

MG : Pour finir, je te félicite aussi, bien entendu, pour la coupe remportée précisément le 17 mai par l’équipe de foot dans laquelle tu joues.

D. C. : Hahaha, je devais bien sûr jouer, Manolo. On ne laisse pas tomber ses coéquipiers dans les moments décisifs. C’est toi qui nous l’as appris.

 

* La version originale de cette interview est parue sur le site Viento Sur, le 19 mai 2026, sous le titre « Elecciones en Andalucía: Tras el vendaval de Adelante ». Notre traduction de l’espagnol. Tableau des résultats de Marx21.ch.

David de la Cruz est conseiller municipal à Cadix et journaliste de profession. Militant d’Anticapitalistas, il est aussi membre de la direction d’Adelante Andalucía.

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