Une propagande « décoloniale » réactionnaire : (V) Les nouvelles géographies mondiales du nationalisme postlibéral

Nous publions le cinquième article, signé Sivamohan Valluvan, d’une série de six contributions qui dialoguent sur le thème de la récupération de la pensée décoloniale par des courants réactionnaires à l’échelle mondiale. Il s’intéresse plus particulièrement à la généalogie et à la logique de ces idées et en fait la critique.

Ce dossier est paru en anglais dans l’International Political Sociology, Volume 20, Numéro 2, juin 2026, sous le titre « The Uses and Abuses of the Anti-Colonial in Global Reactionary Politics ». Nous avons déjà mis en ligne la traduction française des quatre premières contributions — Priya Chacko sur l’Inde, Gorkem Altinors sur la Turquie, Aliaksei Kazharski sur l’Europe centrale et orientale et de Miri Davidson sur la généalogie et la logique de la pensée « décoloniale » de droite —. Nous en ferons de même avec la dernière contribution la semaine prochaine.

 

Présentation du dossier

En s’appuyant sur un éventail d’expertises régionales et de perspectives issues des relations internationales, de l’économie politique, de la théorie politique et de la sociologie, cette discussion collective apporte une contribution à la recherche sur les politiques réactionnaires mondiales et aux débats sur la décolonisation.

Premièrement, nous soutenons que l’érosion de la légitimité des ordres libéraux met le langage anticolonial à la disposition des projets autoritaires et conservateurs, tant dans le Sud que dans le Nord, pour articuler un rejet sélectif de l’universalisme. Tout en qualifiant l’universalisme libéral d’impérialiste, ces projets restent ancrés dans les structures néolibérales et embrassent un universalisme de marché tout en revendiquant une particularité culturelle.

Deuxièmement, ces contributions explorent une série d’ironies, de revirements et de convergences, non seulement au-delà des clivages régionaux, mais aussi au-delà des frontières idéologiques conventionnelles. Cela inclut des affinités conceptuelles entre l’accent mis par l’extrême droite sur la différence ontologique et la tentation nativiste au sein de l’histoire du nationalisme anticolonial, ainsi que la convergence entre les conservateurs radicaux, les autoritaires postcoloniaux et un certain courant du discours décolonial dans leur vision d’un ordre civilisationnel multipolaire.

Enfin, nous suggérons que cela doit inciter la sociologie politique internationale à approfondir son engagement dans les traditions anticoloniales radicalement incompatibles avec l’extrême droite et à mettre au centre les formes de théorisation anticoloniale vernaculaire, issues de secteurs marginalisés.

Les nouvelles géographies mondiales du nationalisme postlibéral

Les contributions déjà publiées (voir liens ci-dessus) examinent comment une nouvelle droite s’est consolidée dans des contextes géographiques très différents, mais souvent de manière historiquement paradoxale. Elles contribuent à mettre en lumière une convergence autoritaire réactionnaire, convergence qui s’accompagne de nombreuses continuités historiques, mais aussi de certaines discontinuités cruciales. Il s’agit notamment d’une propagation mondiale qui, par ses nombreuses ressemblances familiales, complique encore davantage toute conception trop simpliste de la distinction entre Nord et Sud globaux, héritée de la géographie politique du XXe siècle.

Comme l’expose Richard Seymour (2024) dans son ouvrage récent, déjà influent, Disaster Nationalism, cette consolidation mondiale conserve certes des accents qui délimitent respectivement une articulation occidentale et une articulation non occidentale de la légitimité nationaliste-autoritaire. La première reste prisonnière des discours « civilisationnels » prônant une blanchité normative et un sentiment revanchard de supériorité de droit, sur fond de déclin européen perçu — ce que les économistes qualifient plus solennellement de « stagnation séculaire ». À l’inverse, comme le décrit Zhang [prochaine contribution de ce dossier à paraître, NDT], les interprétations non occidentales se réfèrent fréquemment à l’héritage de la rébellion anticoloniale lorsqu’elles dénoncent les politiques progressistes comme de simples manœuvres importées par des « antinationaux » « mentalement colonisés ».

Mais ce qui ancre ces deux forces, même si elles semblent provenir des bords opposés de l’histoire coloniale, c’est leur engagement commun en faveur d’un avenir résolument postlibéral. Qualifiant l’époque actuelle de période de décadence et de lassitude libérales, les nationalistes-autoritaires, qui transcendent la géographie politique Nord/Sud, font appel avec une assurance croissante à des conceptions alternatives de l’ordre. Comme le souligne Seymour (2024), c’est l’engagement postlibéral renouvelé envers le « particulier », notamment la nation et sa prétendue cohérence culturelle, qui est présenté comme le fondement permettant de réaliser un ordre – un ordre perçu comme étant mis en péril par les universalismes humanistes d’une époque révolue. Je vais donc m’attarder sur la manière dont le « postlibéral » — ce que Zhang qualifie de « contre-réaction » désormais montante à la vision libérale triomphaliste de la « fin de l’histoire » – est mobilisé ici.

C’est le cas particulier de l’Europe occidentale, et de la Grande-Bretagne, notamment, qui pourrait servir de point d’ancrage pour appréhender ce glissement plus large. En effet, en ce qui concerne la périodisation de la droite hégémonique en Europe, une rupture naissante mais néanmoins distincte est en train de se dessiner — une rupture avec les formations nationalistes de droite antérieures, calquées sur une posture civilisationnelle « occidentale ». Cette posture antérieure s’appuyait largement sur une conception formelle d’orientations autoproclamées issues des Lumières, autour desquelles l’Europe affirmait ses revendications de liberté, de droit et, plus largement, de suprématie.

Bien sûr, ces mêmes affirmations laissaient place à des paniques morales fondées sur la classe sociale, néocoloniale et systématiquement racialisée, où les conceptions de décadence et de menace étaient systématiquement attribuées à ceux qui ne bénéficiaient pas de la sérénité normative du citoyen bourgeois européen (Hall et al. 1978).

Mais surtout, ces notions étaient souvent présentées comme découlant des penchants illibéraux des « Autres » de races différentes — c’est-à-dire d’un retard civilisationnel. Les alarmes relatives à l’ordre public étaient ainsi identifiées comme visant les peuples raciaux et colonisés incapables de se conformer à une orientation libérale — et qui ne disposaient pas des attributs culturels nécessaires pour exercer de manière responsable leurs libertés civiques et entrepreneuriales. C’est ce que Paul Gilroy (1993), mais plus récemment Arun Kundnani (2012) [1], Mahmood Mamdani (2005) ainsi qu’Alana Lentin et Gavan Titley (2011) ont tous analysé comme étant le prétexte d’un « discours sur la culture » s’articulant à un « racisme des valeurs ».

Ce qui a été déterminant ici, ce sont les taxonomies coloniales et raciales plus larges, qui postulaient que les non-Européens portaient le fardeau d’une culture enracinée dans l’ethnicité, contrairement à l’Européen moderne animé par l’esprit d’individualité. Ces notions de culture indexée sur l’ethnicité ont par conséquent été transposées dans une distinction générale entre civilisationnalisme libéral et illibéral. Ainsi, même la prémisse autoritaire du thatchérisme, telle qu’identifiée par Stuart Hall (1985) [2] — ce « populisme autoritaire » qui servait de précurseur à une avancée néolibérale plus large — se réclamait ouvertement du libéralisme.

Hall a mis ici en évidence le succès du thatchérisme pour redéfinir la liberté — celle du marché et de l’individualité — comme une protection conservatrice de l’individu contre les tyrannies de l’État, celles des organisations de masse, mais aussi celles des quartiers défavorisés, des syndicats et de celles et ceux qui se rassemblent à la frontière. Ainsi, du moins en apparence, le conservatisme nationaliste s’appuyait sur une profession de foi en faveur des libertés libérales qui, parfois, se confondait avec le libertarianisme, en particulier parmi ses courants intellectuels les plus fameux.

Aujourd’hui, toutefois, nous observons, dans l’intellectualisme de plus en plus influent de la nouvelle droite, marqué par un fort accent sur la nation, un soi-disant appel à un « ordre postlibéral » (pour des voix représentatives, voir Vermeule 2022 ; Deneen 2023 ; Kruger 2023 ; Gray 2023 ; Goodwin 2023) [3], qui prétend que le principe même des libertés de l’ordre libéral est nul tant sur le plan fonctionnel que moral. Qu’il s’agisse de celles qui s’obtiennent par le biais du marché mondialisé en tant que libertés de marché, ou des libertés individuelles via un régime fondé sur les droits.

Reprise d’un antimodernisme conservateur

D’un point de vue historique essentiel, il s’agit simplement de la reprise d’un courant plus large d’antimodernisme conservateur, incarné en Europe par les positions culturelles de la fin du XIXe siècle qui dénonçaient l’anomie atomisante de la condition moderne. Les pathologies attribuées à la modernisation étaient bien sûr légion : la ville et son urbanisation anonymisante ; la logique calculatrice et amorale du capital ; l’industrialisation et son bouleversement de la douceur de vivre pastorale ; l’excès désacralisant de la sécularisation, ne débouchant que sur une abstraction bureaucratique ; et, peut-être plus fondamentalement encore, l’individualisme juridique et culturel.

Dans la politique d’aujourd’hui, cette critique a été relancée avec le plus de vigueur par les références frénétiques de l’« alt-right » aux excès prétendument perturbateurs de l’activisme antiraciste, féministe et transgenre, mais aussi à l’omniprésence supposée d’une « meute écologiste » déchaînée ou de ceux qui osent protester contre un génocide diffusé en direct sur les écrans. La nouvelle droite soutient que ces mouvements sociaux et ces revendications politiques sont emblématiques du sentiment de supériorité morale nihiliste et narcissique des libéraux de gauche appartenant aux générations Y et Z. Il y a là une insinuation sous-jacente selon laquelle nous assistons au retour en force des conséquences néfastes de la modernité, l’Occident s’engageant dans une « auto-annihilation » (Zhang 2020) [4], pris en otage par une revendication anachronique de droits individuels déconnectée de toute forme sociale plus large et contraignante.

Mais indépendamment d’une longue histoire conservatrice d’antimodernisme, d’un point de vue philosophique, nous voyons ces penseurs, ainsi que leur avant-garde en ligne, puiser de plus en plus régulièrement dans des domaines plus récents de la production universitaire. Plus précisément, nous assistons à une réhabilitation bien plus agressive de ce qui est apparu dans les années 1990 comme la critique communautariste de la normativité politique libérale. L’axe principal d’une telle critique était moins constitué de nationalistes en soi que d’une sorte de brigade modérément antinéolibérale réunissant [le philosophe catholique canadien] Charles Taylor, [l’anthropologue britannique de la société digitale] Daniel Miller, [le philosophe américain critique du libéralisme] Michael Sandel et [le philosophe et moraliste britannique et américain] Alasdair MacIntyre.

Il est d’ailleurs révélateur que Danny Kruger (2023, ii) [cf. note 3, NDT], étoile montante du Parti conservateur qui a désormais rejoint Reform UK, cite MacIntyre comme l’une de ses principales sources d’inspiration en tant que « philosophe-théologien ». Ou encore, considérez l’importance du Blue Labour, une faction communautariste autoproclamée au sein du Parti travailliste — [visant à promouvoir des valeurs culturellement conservatrices au sein du Parti travailliste britannique, en particulier sur les questions d’immigration, de criminalité et d’identité, NDT] — dans l’actuel gouvernement britannique dirigé par Keir Starmer. C’est cette influence notable du Blue Labour en coulisses qui explique le discours ouvertement powelliste [référence au leader d’extrême droite Enoch Powell (1912-1992). NDT] de Starmer intitulé « L’île des étrangers » [un discours où Starmer a agité le danger d’une perte d’identité de la Grande-Bretagne, NDT], un discours qui a même pris de court certains de ses alliés centristes.

Au cœur de ce communautarisme se trouve l’affirmation selon laquelle les projets humanistes du XXe siècle — qu’ils soient libéraux, socialistes ou autres — se caractérisent par un « altruisme pratiquement superficiel et éthiquement abstrait » [6]. Cela ne saurait rivaliser avec les liens affectifs profonds de la communauté nationale — ces liens « prépolitiques » [6] qui servent de base préfigurative à l’ordre, mais aussi à l’altruisme, au devoir et à une stabilité prospère. Pourtant, ce qui est désormais tout aussi évident, c’est que cet appel à la communauté, peut-être plus bienveillant, a été introduit de force dans l’ontologie morale de la nation, qui revendique de manière bien plus efficace la possibilité même de la communauté et des vertus qui l’accompagnent.

Une fascination pour l’Orient

Et comme l’ont observé de nombreux auteurs, à l’instar de Davidson (2024), une fascination perverse pour l’Orient non européen, s’appuyant sur des motifs au moins ostensiblement anti- ou décoloniaux, commence à prendre forme dans ces cercles de la nouvelle droite européenne. Il s’agit d’une fascination qui considère l’Orient — nécessairement conçu selon des stéréotypes néo-orientalistes bien distincts — comme l’exemple même d’un ordre communautariste que l’Occident aurait prématurément abandonné. En d’autres termes, une étrange mise en scène du colonial et de l’anticolonial s’improvise au milieu de ces coordonnées idéologiques changeantes.

Dans certains milieux de l’alt-right, certes encore marginaux, le démagogue occidental s’identifie à l’« ailleurs » non européen. Mais, comme le montre Altinors, ce n’est pas parce que celui-ci pourrait servir de phare à une libération radicale, affranchie de l’hypocrisie occidentale — c’est-à-dire le tiers-mondisme avec lequel de nombreux dissidents occidentaux ont souvent cherché à se solidariser. Au contraire, c’est exactement le contraire qui se cristallise aujourd’hui au sein de certains forums populistes-nationalistes de l’Occident : là où ce qu’ils perçoivent comme étant les « civilisations de marché de l’Orient et du Sud » (Slobodian et Plehwe 2022) sont considérées comme les arbitres d’une forme de réaction nationaliste et d’une « accumulation de capital par un homme fort, sans garde-fous » (de Noronha 2024, 84). Ces garde-fous sont perçus par cette nouvelle cohorte d’idéologues européens comme un mal typiquement occidental.

L’histoire récente de ces projections idéologiques est intéressante. Comme l’expliquent Slobodian et Plehwe (2022, 12), une partie de la manière dont le néolibéralisme a été réinventé au Japon et en Inde était explicitement liée à l’idée que leur culture nationale et leur fondement civilisationnel constituent un capital en soi. Comme ils le font valoir :

[A]lors que des travaux récents ont souligné comment les idées de hiérarchie raciale dans la pensée néolibérale projetaient des traits péjoratifs sur les races non blanches, ces chapitres montrent l’inverse : une revendication de supériorité pour les traditions culturelles non européennes. Les intellectuels néolibéraux examinés ici considéraient la nation et la race comme des atouts résistants à l’imitation et pouvant être mis à profit dans la concurrence de marché, des variantes de ce que l’un d’entre nous a appelé ailleurs le « capital Volk ».

Ce sont ces premiers innovateurs asiatiques qui ont contribué à « préfigurer les formes contemporaines de nationalisme et de culturalisme socialement conservateur » (Slobodian et Plehwe 2022, 13) qui constituent désormais aussi un élément si fondamental du nouveau sens commun de la droite en Europe.

En d’autres termes, dans certains cercles de la nouvelle droite qui se sont réorientés, l’Occident se perçoit comme insuffisamment nationaliste, insuffisamment autoritaire (ce qui est d’autant plus remarquable au vu des récents développements politiques). Comme l’a récemment fait remarquer Kojo Koram (2025), spécialiste des questions juridiques liées à l’Empire, certains démagogues occidentaux de premier plan en viennent désormais à revendiquer ouvertement l’autoritarisme apparent d’autres régions du monde, envieux à la fois de leur capital d’innovation, de leur avenir technologique et de leurs politiques de sécurité étatistes.

Faisant écho à Zhang (2024), Koram écrit qu’« en Grande-Bretagne, il est devenu plus courant que nos politiciens et journalistes expriment leur admiration pour l’émergence d’États technologiquement avancés et politiquement répressifs dans ce qu’on appelait autrefois le “monde en développement” ». Et « même Donald Trump, dans sa justification nativiste d’une guerre commerciale avec la Chine, trahit souvent l’envie qu’il éprouve face à la capacité de ce pays à écraser la dissidence et à contenir les salaires d’une manière que les traditions constitutionnelles américaines rendent plus difficile ». Ou, comme le conclut Koram, il suffit de se rappeler l’exhortation de Boris Johnson, lors de sa visite à Riyad en février 2024 : « L’Arabie saoudite est un pays où les choses se passent avec une rapidité et une détermination incroyables. Franchement, nous devons en prendre la leçon au Royaume-Uni. »

Ce qui apparaît clairement, c’est que dans l’adhésion nationaliste de la nouvelle droite au relativisme — où les engagements en faveur de l’égalité, de la liberté ou de l’approfondissement des processus démocratiques sont considérés comme des abstractions universalistes formellement déplacées — celle-ci se tourne vers une érotisation du « capital national musclé » (Seymour 2024, 47) et vers un autoritarisme étatiste complémentaire. Mais ce qui est peut-être plus intrigant encore, au regard du vaste théâtre moral issu de l’ère coloniale, c’est que ces aspirations se tournent souvent implicitement vers une conception, certes médiatisée, de la « gouvernance orientale » comme modèle historique correct, le modèle le mieux adapté au XXIe siècle.

* Publié dans l’International Political Sociology, Volume 20, Numéro 2, juin 2026 sous le titre « The New Global Geographies of Postliberal Nationalism », comme cinquième contribution d’un dossier intitulé « The Uses and Abuses of the Anti-Colonial in Global Reactionary Politics ». Intertitres, images et notes de Marx21.ch.

Sivamohan Valluvan est un sociologue britannique, spécialiste des questions de race, de nationalisme, de multiculturalisme et de théorie sociale contemporaine. Il est enseignant-chercheur en sociologie à University of Warwick.

Notes :

[1] Arun Kundnani, « Multiculturalism and Its Discontents: Left, Right and Liberal », European Journal of Cultural Studies, 15, 2012, p. 155–66.
[2] Stuart Hall, « Authoritarian Populism: A Reply », New Left Review, 151, 1985, p. 115.
[3] Adrian Vermeule, Common Good Constitutionalism: Rediscovering the Classical Legal Tradition, Cambridge: Polity Press, 2022 ;  Patrick J. Deneen, Regime Change: Towards a Postliberal Future, Londres, Forum, 2023; Danny Kruger, Covenant: The New Politics of Home, Neighbourhood and Nation, Londres, Forum; John Gray, The New Leviathans: Thoughts after Liberalism, Londres, Allan Lane,  2023 ; Matthew Goodwin, Values, Voice and Virtue: The New British Politics, Londres, Penguin Books, 2023.
[4] Chenchen Zhang, « Right-Wing Populism with Chinese Characteristics? Identity, Otherness and Global Imaginaries in Debating World Politics Online », European Journal of International Relations, 26, 2020, p. 88–115.
[5] Gyan Prakash, « Whose Cosmopolitanism? Multiple, Globally Enmeshed and Subaltern », in Whose Cosmopolitanism? Éd par Nina Glick Schiller, Andrew Irving, New York, Berghahn Books, Irving.
[6] Paul Gilroy, Between Camps: Nations, Cultures and the Allure of Race, Abingdon, Routledge, 2004 [2000], p. 8.

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