Le mouvement pour le climat n’existe plus. Pourtant, Ende Gelände [mouvement social allemand de désobéissance civile visant à combattre les entreprises qui favorisent le changement climatique, notamment l’extraction de charbon, NDT] mobilise largement contre l’industrie gazière. D’autres groupes testent pratiquement ce qu’une politique de classe écologique peut accomplir. Ces activités sont d’une importance capitale. En même temps, nous ne devons pas nous faire d’illusions : la domination du capital est et reste fossile, et elle se défendra par des méthodes fascistes si nécessaire. Cela nous confronte à la tâche de développer des hypothèses stratégiques sur la manière de déloger le capital (fossile).
Les structures fossiles sont tenaces. Le charbon, le pétrole et le gaz restent — dans un contexte capitaliste — les principales sources d’énergie. Le capital fossile est plus rentable que celui des énergies renouvelables ; la modernisation « verte » ne fonctionne pas. Les stratégies de l’UE et de nombreux États européens en matière d’hydrogène ont échoué. Répandu parmi certaines franges de la gauche européenne, le discours selon lequel il existerait un projet d’hégémonie capitaliste « vert » et un autre capitaliste « fossile » est dépassé. Il sous-estime à quel point les sources d’énergie fossiles sont profondément ancrées dans le complexe matériel d’accumulation et de valorisation capitaliste. Les limites biophysiques du système terrestre, ainsi que la consommation d’énergie et de matières premières en forte hausse, rendent impossible une transition vers les énergies renouvelables et un processus de conversion industrielle à grande échelle dans le cadre du capitalisme.
La domination du capital reste fossile
Les principaux représentants des intérêts de la domination du capital sont conscients de cette réalité. C’est pourquoi l’option autoritaire, national conservatrice, voire fasciste, apparaît comme une voie viable pour une part considérable du capital. Celle-ci se concrétise par une stratégie d’adaptation inégale et sélective au réchauffement climatique, qui remet en cause la survie physique de plusieurs milliards de personnes.

Le régime fasciste de Poutine, l’administration Trump de plus en plus autoritaire, Netanyahou, Erdoğan, Modi et les États du Golfe, ainsi que des pans croissants des conservateurs nationaux et des fascistes européens, en alliance avec d’importantes fractions du capital, forment le fer de lance de la continuité fossile, qui apparaît politiquement comme un contre-mouvement opposé à la « folie verte ». Par ailleurs, presque toutes les forces politiques importantes ont désormais fait passer la sécurité énergétique et l’approvisionnement en énergie « abordable » avant les exigences de la transition énergétique. Il est donc d’autant plus important de comprendre l’industrie pétrolière et gazière comme un complexe transnational et géoéconomique.
La domination du capital est et reste fossile et se défendra, si nécessaire, par des méthodes fascistes. Cela nous confronte à la question de savoir comment déloger le capital fossile.
La guerre menée par la Russie contre la population ukrainienne domine les débats sociaux dans toute l’Europe et a contribué à bloquer, voire à faire reculer, les mesures de politique climatique. Le régime de Poutine repose économiquement en grande partie sur l’exportation de pétrole et de gaz. Une victoire de la Russie, désormais favorisée par le gouvernement « fossiliste » de Trump donnerait encore un coup de pouce au capital fossile à l’échelle mondiale, mais surtout en Russie, en Ukraine occupée et en Europe. Paradoxalement, une grande partie de la gauche accepte ce scénario. Il existe également au sein de la gauche une tendance à saluer ce qu’on appelle l’ordre mondial multipolaire. Les BRICS fondent tous leurs stratégies de développement sur la croissance des énergies fossiles. En Chine, l’essor des énergies renouvelables repose sur un socle d’énergies fossiles qui continue de croître. Une gauche qui ferme les yeux sur cela tourne le dos à la réalité.
Comme les investissements dans les énergies fossiles sont plus rentables que dans les renouvelables, les capitaux en quête de placements continuent d’affluer massivement vers le secteur fossile. Les systèmes de retraite par capitalisation dépendent eux aussi de la performance du secteur fossile, ce qui influence le sort et les intérêts contradictoires de millions de salarié·es. Le capital financier occupe toujours une place centrale dans le processus d’accumulation, et les exigences de rendement du capital fictif marquent de manière décisive sa dynamique.

Les États soutiennent la persistance du capital fossile et du système énergétique. De nombreuses organisations issues du mouvement ouvrier classique ne reconnaissent toujours pas, pour leur part, l’acuité de la crise écologique. Par leurs politiques économiques, sociales et d’implantations d’entreprises, elles contribuent à consolider les fondements fossiles de la domination du capital. Cependant, une grande partie des salarié·es est également intégrée dans le mode de production et de consommation impérialiste fondé sur les énergies fossiles. Tant que les écosocialistes ne trouveront pas de stratégies pour relever ces défis, aucune issue alternative ne pourra être trouvée.
Pourquoi nous devons penser à l’échelle continentale
Une telle stratégie écosocialiste ne peut se concrétiser qu’à l’échelle continentale. Pour illustrer cela, je prendrai comme exemple la question de la restructuration du système énergétique ainsi que de la reconversion industrielle.
Le stockage et le transport des énergies renouvelables constituent un défi permanent. La décentralisation du système énergétique ne peut à elle seule être la réponse. Au niveau national, la décarbonisation des systèmes énergétique et industriel est impossible dans la plupart des pays, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour des raisons physiques. Les ressources nécessaires à la production d’énergies renouvelables sont limitées et réparties de manière inégale dans l’espace. La production d’énergies renouvelables est elle aussi extrêmement inégale dans l’espace et dans le temps. Cela va à l’encontre des exigences de la production capitaliste, qui dépend d’un approvisionnement énergétique continu, prévisible et hautement disponible pour maintenir l’utilisation du capital, minimiser les temps d’arrêt et garantir une logistique « juste à temps ».
Mais, même dans un contexte écosocialiste, ce défi ne peut être relevé que si la production et le transport d’énergie sont organisés à grande échelle — à l’échelle du continent européen. Même dans un contexte écosocialiste, un approvisionnement autonome en énergies renouvelables pour toute l’Europe ne serait possible qu’au prix d’une réduction massive de la consommation d’énergie. Pour concilier les fluctuations des énergies renouvelables avec ces exigences, il faudrait de fortes surcapacités, des systèmes de stockage à long terme ou des systèmes de secours fossiles. Cela réduit la marge de manœuvre pour l’autonomie et la flexibilité à petite échelle.
Par ailleurs, des secteurs économiques importants et à fortes émissions de gaz à effet de serre travaillent en réseau, ou sont très capitalistiques et se caractérisent par une logique d’économies d’échelle dans d’immenses complexes industriels, comme les industries sidérurgique, chimique, automobile et aéronautique. Ces systèmes de production sont concentrés sur un nombre relativement restreint de sites, et leurs structures organisationnelles présentent un degré élevé de centralisation. Une autosuffisance régionale ou nationale est impossible. Une décentralisation serait inappropriée sur le plan écologique et économique, même dans un contexte écosocialiste. Presque toutes les industries en réseau, comme les chemins de fer et les réseaux électriques, doivent être organisées à l’échelle continentale.

C’est pourquoi nous devons développer des concepts de transition écosocialiste à l’échelle continentale, qui englobent l’ensemble du spectre spatial et industriel des réseaux de production et d’innovation. La question décisive est de savoir à quelle échelle géographique et avec quelle densité institutionnelle et organisationnelle ces secteurs de production et ces infrastructures doivent être organisés, et comment les salarié·es et les citoyen·nes — y compris en tant que consommateurs et consommatrices — peuvent imposer des structures décisionnelles démocratiques.
Quiconque s’engage en faveur d’une transformation socioécologique globale, c’est-à-dire d’une révolution écosocialiste, doit élaborer des revendications de transition pour une organisation européenne de l’approvisionnement énergétique, du système de transport, de sécurité sociale, du système fiscal, des réglementations salariales et du travail, ainsi que de la reconversion des industries polluantes. Ces propositions doivent, d’une part, s’attaquer aux problèmes actuels et, d’autre part, ouvrir la voie à une réorganisation socioécologique des sociétés en Europe, fondée en permanence sur une perspective de solidarité mondiale et d’égalité universelle entre tous les êtres humains. Une orientation de solidarité mondiale, qui se concrétise par des mesures en faveur des populations pauvres et hyperexploitées des pays dominés, ne peut être mise en œuvre qu’à grande échelle, en Europe, mais aussi en Amérique du Nord, en Asie de l’Ouest et de l’Est et en Australie/Nouvelle-Zélande.
Les écosocialistes révolutionnaires ont en outre pour tâche de réfléchir aux revendications et aux propositions d’action à adresser aux mouvements et aux syndicats afin de contester et d’affaiblir concrètement le pouvoir du capital fossile, c’est-à-dire des grands groupes énergétiques fossiles et du capital financier qui y est lié. Cela est d’autant plus difficile que de grands pans des bureaucraties syndicales se soumettent largement à la politique de localisation nationaliste des industries ou la mènent même activement eux-mêmes.
Il s’agit donc aussi de savoir comment nous pouvons développer une base parmi les salarié·es pour cette perspective socioécologique. Comment, par exemple, les mouvements de la société civile peuvent-ils contribuer à inciter les travailleurs de ces secteurs à s’auto-organiser ? Que peut-on tirer de l’initiative de Fridays for Future et de ver.di, qui, sous le slogan #WirFahrenZusammen luttent ensemble pour le développement des transports publics et de meilleures conditions de travail ?

Mars 2024 : dans le cadre des négociations collectives sur les
transports publics urbains, le syndicat allemand ver.di et le mouvement
pour le climat mènent un combat commun – les chauffeurs de bus
Mustafa Ekit et Gökhan Sert sont en première ligne
État, contre-pouvoir, double pouvoir
Les interdépendances économiques, politiques et culturelles de grande envergure, ainsi que la dimension planétaire du système terrestre, nous obligent à formuler des hypothèses stratégiques en vue d’une transition révolutionnaire au-delà de l’État-nation. Cela soulève la question de savoir comment nous pouvons dépasser le cadre opérationnel de l’État-nation.
Les États-nations restent les niveaux principaux sur lesquels s’articulent les rapports de force politiques. Mais les réseaux de production et les techniques de pouvoir du capital ont depuis longtemps fait voler en éclats ce cadre. L’urgence du réchauffement climatique et les changements brusques du système terrestre, avec leurs vastes conséquences qui se déploient de manière très inégale dans l’espace, nous obligent à repenser nos conceptions du contre-pouvoir, du double pouvoir et du dépassement de l’État bourgeois.
Une situation de double pouvoir se présente lorsque tant les salarié·es dans les entreprises que les personnes dans d’autres secteurs de la société mettent en place des structures de contre-pouvoir social et que leurs conseils élus ont acquis une reconnaissance et un ancrage sociaux si forts qu’ils remettent efficacement en cause les organes de pouvoir étatiques établis, les évincent et les destituent ainsi partiellement. Dans quelle mesure un contre-pouvoir social global, fondé sur des travailleurs et travailleuses organisés, peut-il se développer dans un cadre national au point de garantir institutionnellement une « nouvelle hégémonie » sociale ? À l’exception des très grands États, je considère cette perspective comme impossible.
La même question se pose quant à la perspective de prendre le pouvoir. Un gouvernement national qui s’est engagé à mener des réformes structurelles radicales et socioécologiques ne peut, même avec la meilleure volonté du monde, résister à la pression massive du capital organisé à l’échelle internationale — que ce soit sous la forme de l’UE, du FMI ou d’actions concertées du secteur financier. C’est ce que nous a enseigné la défaite en Grèce, bien que le gouvernement SYRIZA-ANEL n’ait pas vraiment été un gouvernement socioécologique et qu’il ait été loin de défier le pouvoir du capital. Tout gouvernement un tant soit peu cohérent, même dans des États plus importants, se heurterait au même mur infranchissable.
L’urgence du réchauffement climatique et de la crise socioécologique aggrave encore considérablement ce problème. Il est exclu qu’un État puisse à lui seul faire passer le système énergétique aux énergies renouvelables et imposer une restructuration industrielle cohérente. Tous nos concepts d’auto-organisation, de revendications de transition, de contre-pouvoir et de double pouvoir doivent donc acquérir une dimension transnationale — en Europe, une dimension continentale. Il ne s’agit pas seulement d’une tâche théorique, mais aussi d’une nécessité politique immédiate et pratique.
Comment s’organiser ?
Mais qui sont les acteurs, les forces politiques et les organisations qui donnent vie à tout cela, formulent des hypothèses stratégiques, testent des stratégies et des tactiques et apprennent ensemble pour s’améliorer ? Qui organise la conscience de classe écologique ? Comment les travailleurs·euses peuvent acquérir des expériences susceptibles de contribuer au développement de la conscience de classe ?
Je reprends ici ces réflexions de Daniel Bensaïd datant de 2002 :
Le parti révolutionnaire « ne représente pas la classe ouvrière seulement dans ses relations avec un groupe d’entrepreneurs, mais aussi avec “toutes les classes de la société et avec l’État comme force organisée”. Pour Lénine, le parti révolutionnaire « n’est plus le résultat d’une expérience cumulative, ni le modeste enseignant dont la tâche est d’élever les prolétaires de l’obscurité de l’ignorance aux lumières de la raison. Il devient un acteur stratégique » de la lutte des classes. Selon Lénine, « il faut être prêt. Prêt à l’improbable, à l’inattendu, à ce qui arrive » [Nous avons traduit ces passages de l’anglais d’après l’orignal de Daniel Bensaïd, « Leaps, Leaps, Leaps : Lenin and Politics », International Socialism 95, July 2002, NDT]
Les réflexions de Bensaïd ont pris une importance décisive supplémentaire dans le capitalisme de l’anthropocène, qui est largement déterminé par les limites planétaires et les points de basculement du système terrestre. Compte tenu de l’urgence écologique d’un processus révolutionnaire, je soutiens que les salarié·es ne sont pas en mesure de développer spontanément, à partir de leurs luttes, une conscience écologique adéquate. La négligence delongue date de la problématique écologique par les syndicats et les partis socialistes traditionnels renforce tragiquement ce constat.
Il faut donc l’action consciente d’organisations écosocialistes. Ces organisations doivent être en mesure de convaincre les salarié·es de l’urgence de mesures radicales visant à transformer et à démanteler la production industrielle, à opérer une transition radicale des transports ainsi qu’à procéder à la reconfiguration complète du secteur financier nécessaire à cet effet. Mais cela ne peut se limiter à un simple acte de propagande. Ce qui est déterminant, ce sont les luttes qui encouragent l’auto-organisation et les processus d’apprentissage collectifs.

Il est important de distinguer les mouvements, qui doivent rester autonomes, des organisations politiques qui interviennent dans ces mouvements. Les mouvements doivent être en mesure de développer et de radicaliser leurs revendications sans subir les manœuvres manipulatrices des partis. Aucun parti ne peut dicter son orientation à un mouvement, même si, bien sûr, les organisations politiques se disputent l’influence au sein des mouvements. En revanche, une organisation écosocialiste se forge une compréhension globale de la société, assimile les expériences de manière collective et démocratique, et soumet des propositions tactiques et stratégiques au sein des mouvements.
Le problème est toutefois plus fondamental. Dans de nombreux pays, le mouvement ouvrier classique est fortement affaibli et la conscience de masse est très éloignée de ce qui serait nécessaire pour imposer ne serait-ce que des réformes socioécologiques modestes. Dans bien des endroits, les syndicats ont même disparu. Dans plusieurs pays d’Europe, il existe des secteurs économiques stratégiquement importants sans représentation organisée des intérêts des salarié·es. C’est pourquoi les écosocialistes révolutionnaires ont pour tâche de contribuer à la construction d’un nouveau mouvement des classes laborieuses.
Les organisations et les militant·es qui jugent une telle perspective pertinente devraient réfléchir à la manière dont ils-elles peuvent soutenir la construction d’un courant écosocialiste révolutionnaire transnational. Cette alliance devrait encourager l’échange d’expériences pratiques entre les militant·es et les organisations participantes afin d’intervenir ensemble dans les luttes.
Un défi majeur consiste à déterminer comment nous allons nous préparer aux catastrophes et crises sociales à venir. Le franchissement des points de basculement du système terrestre entraînera des ruptures et des revirements abrupts, qui se dérouleront de manière extrêmement inégale tant sur le plan géographique que social, tout en étant combinés. Personne ne sait comment les populations réagiront à ces changements brusques de leurs conditions de vie. Les écosocialistes ont pour tâche de se préparer, sur les plans analytique, mental et organisationnel, à ces ruptures qui comportent à la fois des opportunités de soulèvements révolutionnaires et des dangers d’obscurantisme réactionnaire.
Les gisements de charbon, de pétrole et de gaz des grandes entreprises constituent un capital qui ne demande qu’à être exploité. Même sous une forte pression politique, les entreprises ne renonceront pas à réaliser les profits escomptés. Comment organiser la gigantesque dépréciation du capital liée à la conversion et au démantèlement des industries fossiles de manière à ce qu’elle n’entraîne pas le chômage, la paupérisation et la marginalisation de millions de personnes ? Seul un vaste mouvement, impliquant la majeure partie des classes laborieuses, sera en mesure d’établir un rapport de forces permettant de socialiser les groupes énergétiques fossiles et les secteurs en aval qui leur sont liés, et de briser leur pouvoir.
Dans le même temps, nous devons nous pencher sur le secteur financier et les fonds de pension. Les systèmes de retraite par capitalisation constituent un pilier central du capital fossile. C’est pourquoi nous devons nous opposer à toutes les « réformes des retraites » qui comportent des formes d’« épargne en actions ». Le « paquet retraite 2025 » allemand, avec son « capital générationnel » et la « succession prétendument plus flexible et plus rentable » de la « retraite Riester », apportera également au secteur fossile de nouveaux capitaux en quête d’investissement. La décarbonation doit s’accompagner d’une transition vers des systèmes de retraite publics financés par répartition. La gauche, les syndicats et le mouvement pour le climat ont gravement sous-estimé ce champ de bataille.
La socialisation et la restructuration du secteur énergétique constituent un pilier central de toute réforme structurelle socioécologique et représentent déjà une perspective révolutionnaire. Mais elles ne font que créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre d’une stratégie de décarbonation. Le capital fossile étant fortement centralisé et organisé en grands groupes transnationaux, la socialisation ne peut être abordée qu’à l’échelle transnationale et continentale. Dans de nombreux pays et villes, des initiatives en faveur de la socialisation du secteur énergétique et d’une infrastructure énergétique sociale de qualité ont vu le jour. La mise en place de larges alliances européennes pour la socialisation du secteur énergétique pourrait contribuer à relier ces initiatives et à leur donner une orientation européenne commune.

Les organisations capables de porter cette orientation dans l’espace germanophone n’existent pas encore. Il faut les construire. Il existe toutefois des initiatives où des réflexions similaires sont échangées : par exemple les System Change Camps, la conférence annuelle « Das Andere Davos » du Mouvement pour le socialisme à Zurich, les initiatives locales pour une transition des transports, le mouvement de solidarité avec les travailleurs et travailleuses de l’usine GKN à Florence et le projet de mise en réseau et de formation « morgen : rot » récemment lancé au sein du parti Die Linke. Parallèlement à l’organisation aux niveaux local et national, il faut toutefois être clair : l’orientation vers un contre-pouvoir social ne peut réussir que si elle est organisée à l’échelle transnationale et continentale.
* Cet article est paru sur le site analyse & kritik, le 19 mai 2026. Notre traduction de l’allemand.
Christian Zeller est professeur de géographie économique à l’université de Salzbourg. Il est membre de la rédaction de Emanzipation — Zeitschrift für ökosozialistische Strategie.


