L’invasion de la Pologne par Hitler, suivie deux semaines plus tard, par celle de Staline – officiellement justifiée par la protection des « frères » ukrainiens et biélorusses qui y vivaient –, marqua le début de la Seconde Guerre mondiale. La conclusion du pacte Staline-Hitler, dans la nuit du 23 au 24 août 1939, a marqué un tournant décisif dans cette évolution funeste : elle a déterminé de manière décisive le sort des États, des nations, des minorités et des opposants à Hitler et à Staline, a perverti l’antifascisme et a définitivement détruit la solidarité de gauche au sein du mouvement ouvrier.
Le Pacte Hitler-Staline
Le Pacte de non-agression, signé par l’URSS stalinienne et l’Allemagne nazie le 23 août 1939, devait durer 10 ans. Son protocole secret prévoyait le partage de l’Europe orientale : Moscou pouvait étendre sa zone d’influence sur la Finlande, l’Estonie, la Lettonie et l’est de la Pologne ; Berlin, sur la Lituanie, l’ouest de la Pologne et la Bessarabie. Par un second traité, daté du 28 septembre, la Lituanie était finalement cédée à la sphère soviétique en échange de rectifications des frontières entre le Troisième Reich et l’URSS en Pologne occupée. Les deux États s’engageaient à réprimer sur leur propre territoire toute agitation polonaise dirigée contre l’autre partie et à se communiquer les mesures prises à cet effet (Marx 21.ch).
Cet accord, censé servir la paix, montre comment les relations germano-russes ont pu produire une catastrophe. Face à la foi dans le progrès invoquée de toutes parts et à la « trahison interne » de la politique, « l’ange de l’Histoire » a fixé son regard sur le tas de décombres désespérants des événements. Il ne peut plus détourner le regard de cette horreur absolue, se fait lui-même emporter par le tourbillon et tourne désormais le dos à l’avenir de l’humanité. C’est à l’aide de l’allégorique de Paul Klee que le philosophe de la culture Walter Benjamin décrivit en 1939 les conséquences du « coup de poignard russe » (Willi Münzenberg), avant que la nouvelle de son suicide dans les Pyrénées ne se répande.

Walter Benjamin (1892-1940), philosophe, critique d’art et critique littéraire allemand d’origine juive, se suicide en absorbant une forte dose de morphine à Portbou, en Catalogne, le 26 septembre 1940. Il a réussi à franchir clandestinement la frontière espagnole, lorsqu’il apprend qu’il va être extradé vers la France de Vichy, ce qui équivaut pour lui à une mort certaine. Il portait avec lui une mallette en cuir contenant un manuscrit qu’il jugeait plus important que sa vie, mais ce texte n’a jamais été retrouvé.
L’histoire de la perception de l’alliance meurtrière de deux ans entre Hitler et Staline montre cependant que la politique européenne de la mémoire – en particulier germano-russe – présente encore aujourd’hui d’importantes lacunes. Dans la propagande et l’histoire des perceptions, c’est autour du « pacte du diable » (Julián Gorkin) qu’a été tissée la plus grande trame de mensonges du XXe siècle, comme l’a décrit l’historien français Jean-Jacques Marie.

Une histoire largement oubliée
La réussite de l’Union soviétique en tant que puissance victorieuse de la Seconde Guerre mondiale éclipse et occulte encore aujourd’hui l’alliance et la coopération entre le fascisme et le stalinisme au sein de l’« amitié germano-soviétique » officielle, tandis que l’indulgence allemande envers le stalinisme contribue encore davantage à cette amnésie. Or, ce sujet historique ne concerne pas seulement le monde universitaire, mais influence de manière déterminante la compréhension fondamentale de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et du XXe siècle.
Seul un travail de mémoire empirique et fondé sur la vérité peut jeter les bases d’une action future. À l’occasion du 80e anniversaire du pacte en 2019, le Parlement européen avait certes proclamé le 23 août « Journée européenne de commémoration des victimes du nazisme et du stalinisme », mais de telles journées de commémoration ne peuvent pas être simplement imposées d’en haut, surtout après des décennies de banalisation et de relativisation.
De même, leur mise en œuvre dans les politiques de mémoire et de culture ainsi que dans le travail d’éducation civique n’a, jusqu’à aujourd’hui, progressé que très lentement. Les récits mensongers et propagandistes orchestrés par les parties intéressées, les relativisations ou le simple déni ont contribué à ce que la recherche historique soit encore loin d’une compréhension globale du « pacte du diable ». Les récits visant à légitimer ces événements restent en vogue. On invoque des raisons tactiques et de « realpolitik » pour justifier la conclusion du pacte, telles que le manque de préparation défensive de l’Union soviétique – qui était en effet une conséquence de la décapitation de l’Armée rouge par Staline – ou encore le gain de temps ainsi obtenu pour le réarmement.
Or, c’est précisément le caractère fondamental de cette transformation qui est remis en question, ce qui revient à arracher un pan de l’histoire. Des discours tels que celui sur le pragmatisme de Staline, répété comme une litanie par Molotov et repris par des historiens occidentaux, ne sont certes pas totalement dépourvus de vérité, mais ils ne peuvent masquer le fait que la collaboration constituait une nouvelle dimension et le cœur même de l’événement. Ce pacte, qui présentait d’emblée des avantages évidents pour Hitler, lui a permis d’avancer sans entrave dans la conquête de l’Europe (et pas seulement de certaines parties de l’Europe centrale et orientale) et a en outre largement contribué à alimenter la machine de guerre allemande.
Un regard sur l’histoire de la perception publique montre qu’on n’accorde pas l’attention nécessaire à la genèse historique, au contenu et à la portée mondiale de ce pacte pour l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, notamment en Allemagne. À l’approche du 85e anniversaire en 2024, aucun événement, aucune lecture ni aucun projet de mémoire allant au-delà des simples communiqués écrits n’a été organisé. Les institutions allemandes, qu’il s’agisse d’organismes de formation tels que les centres fédéraux et régionaux d’éducation civique ou de fondations politiques et humanitaires à but non lucratif, semblent en proie à l’amnésie.
Même l’orientation non dissimulée de Trump vers un pacte avec la Russie de Poutine et un redécoupage des zones d’influence en Europe n’y a rien changé à ce jour. Seul l’ancien Musée germano-russe, aujourd’hui Musée Berlin-Karlshorst, a organisé une exposition qui se limitait toutefois aux conséquences pour l’Europe centrale et orientale et excluait expressément toute question allant au-delà.

« Que cela plaise ou non aux politiciens et aux historiens : l’Ukraine se retrouve à nouveau au cœur de l’actualité mondiale. Tant qu’elle ne sera pas libre et indépendante, il n’y aura pas de paix en Europe. »
L’auteur de cet article a emprunté d’autres voies et, en collaboration avec des comédiens, a mis en scène une lecture théâtrale sur le pacte au Neues Schauspiel de Leipzig. S’appuyant sur des documents secrets issus des archives de Moscou, cette pièce issue de recherches met en lumière le rôle funeste de Staline en tant que nouvel allié d’Hitler, précisément parce que, jusqu’alors, l’Union soviétique revendiquait le rôle de leader mondial en tant que puissance de paix et pionnière du socialisme. Ce rêve, peut-être le plus grand de l’humanité, qui s’était concrétisé avec la Révolution russe, s’est toutefois soldé par une terrible rechute dans l’oppression nationale et la barbarie du fascisme et du stalinisme.
Il n’est pas sans une certaine ironie que, à l’occasion du 85e anniversaire du pacte, la Fondation Rosa-Luxemburg ait été la seule à proposer un tel événement. La Fondation fédérale pour le travail de mémoire sur la dictature de la RDA, avec l’historien Jörg Baberowski – qui s’est fait remarquer dans les médias comme un défenseur de Poutine (« Au final, Poutine obtiendra ce qu’il demande ») et qui, par des propos insolents, conteste le droit à l’existence de l’Ukraine (« L’Ukraine n’est pas notre garant de sécurité ») –, a renoncé à organiser un événement public.
Elle a publié un bref communiqué de presse qui dénonçait à nouveau « le manque de connaissances historiques et, par conséquent, d’empathie pour le sort des peuples d’Europe de l’Est ». Le sort de la Pologne, des Pays baltes et de la Roumanie ne doit toutefois pas occulter la collaboration active entre l’Allemagne et la Russie dans son ensemble. Et si l’on se tourne vers le présent, un autre parallèle se dessine : la liquidation de l’Ukraine occidentale en 1939 était notamment un moyen pour l’État soviétique d’étouffer l’étincelle d’indépendance des Ukrainiens, qui, plus que presque toute autre nationalité opprimée, souffraient sous le joug russe.

Le plan de Staline a marché dans un premier temps
Aujourd’hui, des documents issus des archives secrètes russes soulèvent de nouvelles questions. Staline n’avait-il pas déjà, bien avant 1939, l’intention de conclure un accord durable avec l’Allemagne nazie ? N’y avait-il pas un plan mené en secret ? Une rencontre secrète à l’ambassade de Russie, Unter den Linden, en février 1933, montre que Moscou, peu après la « prise du pouvoir » par Hitler, a abandonné sans crier gare les opposants à Hitler, trahissant ainsi ses propres camarades.
Alors que certains responsables du SPD, invoquaient le sort réservé aux communistes persécutés (peu de temps auparavant, le SPD et le KPD avaient encore refusé d’agir ensemble contre la prise du pouvoir par les nazis), pour tenter de contrer le pouvoir encore fragile d’Hitler, le porte-parole de l’ambassade et officier des services secrets Boris Vinogradov déclarait que la persécution et l’élimination des opposants à Hitler (y compris ceux du KPD lui-même !) relevaient des affaires intérieures de l’Allemagne, dans lesquelles l’Union soviétique n’avait pas à s’immiscer.
Des témoins critiques et des dissidents, parmi lesquels des exilés en France, en Union soviétique et dans la diaspora mondiale, tels que Wolfgang Leonhardt, Victor Serge, Willi Münzenberg, Manès Sperber, Léon Trotski ou encore Anna, Hans et August Siemsen, l’ont compris d’emblée : que le contenu fondamental, l’essence même du pacte, était en contradiction flagrante avec son apparence diplomatique de traité de non-agression et de paix. L’alliance, accompagnée dès le 28 septembre 1939 d’un Traité germano-soviétique de délimitation et d’amitié (sur les frontières), n’était pas simplement conçue comme une solution provisoire, le temps que l’une ou l’autre des parties se réarme suffisamment pour s’attaquer mutuellement.
La coopération germano-russe, active, stratégique, politique et économique, allait bien au-delà des objectifs territoriaux et néo-impérialistes consignés dans plusieurs protocoles secrets visant à redécouper les zones d’influence en Europe, dans lesquelles une grande partie de la Pologne et de la Lituanie était attribuée à l’Allemagne nazie, tandis que l’Estonie, la Lettonie, la Finlande et la Bessarabie roumaine étaient attribuées à l’Union soviétique.
Cette collaboration servait en particulier les préparatifs de guerre et les campagnes militaires d’Hitler visant à détruire la démocratie européenne ; c’est donc lui qui en fut le principal bénéficiaire. Les « purges » soviétiques menées depuis 1936 contre les responsables politiques, diplomates et militaires communistes peuvent s’expliquer comme une sorte de mesures préventives, tout comme la désagrégation croissante du Komintern, le renoncement à l’internationalisme et, à l’échelle mondiale, l’affaiblissement de l’antifascisme et de l’anticolonialisme. Staline n’a pas seulement épargné le régime nazi, mais aussi, comme le montre, en 1935, la réaction à l’invasion néocoloniale de l’Abyssinie, le fasciste Mussolini.
Parmi les victimes de la terreur stalinienne figuraient, dans le cadre des relations germano-soviétiques, des hommes politiques versés dans ces relations, notamment les ambassadeurs de longue date à Berlin David Kandelaki, Nikolaï Krestinski et Vladimir Dekanosov, ainsi que Karl Radek, considéré comme le meilleur expert de l’Allemagne dans ce domaine. Loin d’être de simples « dommages collatéraux », la terreur a frappé les opposants, les dissidents, mais aussi de simples membres des partis communistes, dont beaucoup avaient encore été formés dans la tradition internationaliste de la révolution d’Octobre et se seraient très probablement opposés à l’alliance avec l’Allemagne hitlérienne.
Des responsables du KPD, tels qu’Ulbricht et Pieck, ont activement collaboré à ces purges en dénonçant publiquement les critiques, y compris ceux en exil et dans la résistance clandestine, ou en les livrant directement aux troïkas meurtrières du NKVD. Le fait qu’environ 80 % des exilés allemands en Union soviétique aient été assassinés ou poussés à la mort d’une autre manière fut une autre conséquence macabre de ce Pacte. L’extradition d’environ 250 opposants germanophones à Hitler – pour la plupart des communistes – qui, comme Margarete Buber-Neumann, veuve du dirigeant du KPD Heinz Neumann, tué peu auparavant, ou l’ancien secrétaire de la direction régionale du KPD de la Ruhr, Arnold Klein, ont été remis à la Gestapo sur le pont de la Bug à Brest, à la nouvelle frontière germano-soviétique.

Liquidation de l’antifascisme
Au sein de la communauté germanophone en exil, la conclusion du pacte fit l’effet d’un coup de tonnerre et accentua le processus de transformation antistalinienne de l’opposition antihitlérienne, qui s’était intensifié depuis les procès de Moscou. Le cri d’alarme émouvant « C’est toi, Staline, le traître ! », que Willi Münzenberg, organisateur antifasciste de renommée mondiale et dirigeant médiatique de gauche, lança à l’adresse du dirigeant du Kremlin qu’il connaissait bien, fut un signal d’alarme.
Dans l’hebdomadaire parisien Die Zukunft, il dénonça le « coup de poignard russe » visant tout particulièrement la gauche libérale. Même des sympathisants de Moscou pourtant convaincus, comme Bertolt Brecht et Heinrich Mann, réagirent avec stupéfaction, même si ce n’était qu’en tout intimité. « Le chacal du Kremlin », écrivit Mann ; Trotski l’avait « toujours su ». À Noël 1939, Brecht notait dans son journal : « Aux côtés d’Hitler, il n’y a pour aucun régime au monde que la ruine, rien d’autre ».
L’« amitié entre les peuples de l’Allemagne et de l’Union soviétique », qui semble encore aujourd’hui fantomatique, était pour Staline un véritable programme. Le Völkischer Beobachter, tout comme la « Großdeutscher Rundfunk », célébraient le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale tandis qu’Hitler vantait avec exubérance l’amitié germano-soviétique, c’est-à-dire le soutien de Staline.
Dans son discours au Reichstag, à la fois bien connu et tristement célèbre, du 1er septembre 1939, Hitler donna le signal de l’attaque contre la Pologne (« Depuis 5 h 45, on riposte ! ») et loua en même temps le pacte avec Staline, qui « exclut pour toujours tout recours à la force ». « Tout combat entre nos peuples » ne profiterait qu’à d’autres.
À l’inverse, dans une réponse adressée au ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop en réponse au télégramme de félicitations d’Hitler à l’occasion de son 60e anniversaire, le 26 décembre 1939, Staline évoqua l’amitié « consolidée par le sang », qui avait toutes les raisons d’être « longue et durable » – le « sang », tel était le langage des nazis. Au-delà de l’écrasement conjoint de la Pologne et de l’asservissement convenu de l’Europe centrale et orientale, la coopération germano-soviétique comprenait le soutien logistique aux campagnes de conquête de la Wehrmacht par la fourniture de pétrole, de matières premières industrielles et de céréales provenant de l’Union soviétique et d’autres États, la subversion des démocraties, l’affaiblissement de l’opposition antihitlérienne et de la Résistance, la liquidation de la solidarité de gauche, ainsi que l’extradition des opposants à Hitler vers la Gestapo.
La collaboration alla jusqu’à l’harmonisation des canaux culturels et médiatiques à orientation nationaliste, voire chauvine, dont le mot « fascisme » disparut. Sergueï Eisenstein mettait alors en scène Wagner au Théâtre du Bolchoï, les bibliothèques de l’URSS étaient « purifiées », les œuvres antifascistes de Thomas et Heinrich Mann ou de Franz Werfel (et même celles d’auteurs communistes tels que Willi Bredel, Hans Marchwitza et Erich Weinert) disparaissaient, tout comme les journaux des émigrés. Les films antifascistes, parmi lesquels « Le Professeur Mamlock », d’après la pièce de Friedrich Wolf, et « La Famille Oppenheim », d’après [le roman de] Lion Feuchtwanger [Les enfants Oppermann], furent sans autre forme de procès retirés de l’affiche, comme le rapporte le témoin de l’époque Wolfgang Leonhard.

Un désengagement mondial vis-à-vis de la révolution…
Si l’on cherche à expliquer ce phénomène par son contexte stratégique, la transformation de l’Union soviétique en un absolutisme bureaucratique (Moshe Lewin) entre en jeu. Pour Staline, l’internationalisme n’était plus, au plus tard depuis la seconde moitié des années 1930, qu’une formule creuse, au mieux un accessoire rhétorique. L’idée de la révolution mondiale était désormais considérée comme une « absurdité » et était en outre connotée de « trotskisme », puisque les trotskistes auraient prétendument sapé la construction socialiste de l’Union soviétique.
Lorsque, au début de la Grande Terreur, le « timonier du Kremlin » fut interrogé par le journaliste américain Roy Howard sur la révolution mondiale, il la nia et donna cette réponse brève mais catégorique : « C’est un malentendu. » « Un malentendu tragique ? », demanda le correspondant, étonné. « Non, un malentendu comique, ou si vous préférez, un malentendu tragicomique. »

Roy Howard (1883-1964), était l’un des plus grands journalistes de la fameuse chaîne américaine « Scripps-Howard Newspapers ». Il avait interviewé Staline le 1″ mars 1936 à Moscou, et les déclarations de Staline à cette occasion avaient suscité beaucoup de commentaires. L’Humanité en avait publié le texte intégral dans son numéro du 6 mars 1936, et c’est à sa traduction que renvoient toutes les citations de Staline dans le texte ci-dessus.
Trotsky commentait ainsi ces « révélation » : « L’internationale communiste elle-même, de personne sérieuse qu’elle était, est devenue comique. Et comment pourrait-il en être autrement puisque le caractère international de la révolution n’est tout simplement qu’une “absurdité” » (« Les déclarations et les révélations de Staline, 18 mars 1936, in Œuvres mars 1936-mai 1936, Paris, EDI, 1980, p. 79). L’International communiste sera d’ailleurs dissoute quelques années plus tard, en mai-juin 1943.
Le point culminant fut ensuite, en 1939, le revirement contre les démocraties occidentales et la liquidation sans bruit de l’antifascisme, que l’Union soviétique, en tant qu’État, ne défendait de toute façon plus.
* Cet article est paru le 8 juin 2025 sur le site Geschichte der Gegenwart sous le titre « Stalin-Hitler-Pakt reloaded. Deutsch-russische Kollaborationen im 20. und 21. Jahrhundert ».
Bernhard H. Bayerlein, chercheur émérite à l’Institut des mouvements sociaux de l’Université de la Ruhr à Bochum, est historien et politologue. Ses recherches portent sur l’histoire du communisme international et du stalinisme, sur les identités européennes et sur le projet des « États-Unis d’Europe ».


