Le 4 juillet, Donald Trump a prononcé son discours pour la fête nationale à 22h45, heure locale de Washington. Un peu plus de trente minutes de monologue pour proclamer que les États-Unis étaient la plus grande nation du monde (big and beautiful), jamais aussi prospère, aussi puissante militairement, et aussi prête à tracer l’avenir.
Il a désigné comme ennemi principal le communisme — dans la tradition des adresses présidentielles du Maccarthysme et de la guerre froide — le qualifiant de « cancer qu’il faut éradiquer », le tout sur fond d’anciens combattants des guerres du Vietnam et de Corée. Son discours était une réponse à la désignation par les primaires démocrates de trois membres des Democratic Socialists of America (DSA) dans trois circonscriptions de New York, où ils seront très certainement élus en novembre. Comme le souligne Dan La Botz, « Il a clairement indiqué qu’il qualifierait les membres de DSA, les autres progressistes et le Parti démocrate, de communistes “maléfiques”, dans sa quête de réélection d’une majorité républicaine au Congrès en novembre ».
Et Donald Trump a profité de son discours pour réaffirmer sa détermination à faire adopter le Save America Act(projet de loi porté par les républicains qui, prétextant la « lutte contre la fraude électorale », vise à durcir les conditions d’inscription et de vote, au détriment notamment des communautés noires et latinos, historiquement acquises majoritairement aux démocrates) laissant transparaître en filigrane ses inquiétudes à l’approche des élections de mi-mandat. Nous publions ci-dessous une analyse de Dan La Botz, membre du comité de rédaction de New Politics. Nous le remercions de l’avoir adressé à Marx21.ch avant sa parution en anglais. (SP)
Le président Donald Trump, mêlant son 80e anniversaire à celui de la nation qui fête ses 250 ans, a organisé à la Maison-Blanche une célébration digne d’un cirque, d’un coût de 60 millions de dollars, avec une cage de 92 pieds baptisée « la pince » destinée à un « combat de coqs humains » et des motos volant dans les airs. Le tout recouvert de publicités d’entreprises. Cet événement symbolisait parfaitement la mentalité « l’État, c’est moi » de Trump, sa corruption et la décadence de la culture américaine sous son règne quasi monarchique. Dans le même temps, il a annoncé la fin de la guerre contre l’Iran, qui n’était pourtant pas encore terminée.
Là-bas, ils étaient tout sourire.
Pourtant, un profond malaise règne aux États-Unis. Il y a un sentiment généralisé que les choses ont mal tourné. Que notre pays a dévié de sa trajectoire. Que le gouvernement ne fait pas ce qu’il devrait. Que l’on ne sait pas à quoi s’attendre demain. La déception est grande, et un vague sentiment de désorientation se répand. Les nouvelles aventuresimpérialistes au Venezuela et les guerres au Moyen-Orient inquiètent. Le déploiement dans nos villes de troupes et de milliers d’agents violents et masqués de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans nos rues représente une menace inhabituelle, une nouvelle menace. Nous sommes donc en proie à l’angoisse et à la peur. Et les élections approchent.
L’électorat est inquiet, dubitatif. Les démocrates, les indépendants et les républicains sont eux aussi mécontents. Une pluralité s’envisage désormais comme indépendante (45 %), tandis que 27 % se considèrent comme démocrates et autant comme républicains. Et parmi les indépendants, une majorité penche en faveur des démocrates. Le nombre croissant d’indépendants suggère que, dans de bonnes circonstances et avec une certaine initiative politique, notre système politique pourrait être capable de changer.

Les élections de mi-mandat du 3 novembre constitueront un référendum sur la démocratie. Le président Donald Trump a concentré entre ses mains un pouvoir énorme sur le Parti républicain et, par conséquent, sur le Congrès, et il a été largement soutenu par la Cour suprême. Il a ignoré la Constitution et les lois du pays, créant ainsi le gouvernement le plus autoritaire de l’histoire moderne de notre nation. Il a rompu avec les traditions et s’en est pris aux institutions publiques et privées qui nous protégeaient, amélioraient nos conditions de vie et nous assuraient une sécurité économique, qu’il s’agisse des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, des Instituts nationaux de la santé, du ministère de l’Éducation, de la Sécurité sociale ou encore du Conseil national des relations du travail, entre autres. Il a démantelé les politiques gouvernementales qui protégeaient les minorités raciales et de genre et qui contribuaient à créer une société plus égalitaire. Parallèlement, il a utilisé son pouvoir pour contraindre les universités à modifier leurs politiques et leurs programmes d’études, et s’en est pris à l’indépendance des médias.
Son gouvernement est gangrené par le népotisme et le copinage. Il s’est livré à une orgie de corruption, acceptant des pots-de-vin, se livrant à des malversations, extorquant de l’argent et utilisant ses fonctions pour développer ses intérêts commerciaux et ceux de sa famille. Il a réduit les impôts pour lui-même et sa classe de milliardaires, la « classe Epstein », comme certains l’appellent désormais, tout en sabrant dans les programmes de santé et d’éducation destinés aux travailleurs et aux plus démunis. Il a envoyé des troupes américaines et des agents de l’ICE dans les villes des États-Unis, ces derniers s’en prenant violemment et assassinant aussi bien des immigrés que des citoyens américains. Son attitude envers la population de notre pays est insensible et cruelle, tout comme ses interventions à l’étranger.

Trump s’est lancé dans des aventures impérialistes visant à étendre son emprise sur l’hémisphère occidental, depuis l’« enlèvement » de Nicolás Maduro, le président du Venezuela, jusqu’à l’étranglement de Cuba par la coupure de ses approvisionnements en pétrole. Parallèlement, il menace de ravir le Groenland au Danemark et va même jusqu’à envisager d’annexer le Canada aux États-Unis. Il soutient tacitement Vladimir Poutine dans sa guerre contre l’Ukraine, en coupant des fonds et des armes américains pour la victime assiégée de l’impérialisme russe. À l’instar de l’ancien président Joe Biden, Trump est resté aux côtés d’Israël dans sa guerre génocidaire à Gaza et son nettoyage ethnique en Cisjordanie, et il autorise la poursuite de la guerre d’Israël contre le Liban ainsi que ses attaques contre la Syrie. Enfin, il y a sa guerre menée conjointement avec Israël contre l’Iran, qui a fait des milliers de morts et violé le droit international. Trump, qui avait déclaré qu’il serait « le président de la paix », est devenu le président des guerres, causant la mort de dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, parmi lesquels beaucoup d’enfants.

La guerre contre l’Iran, qui a entrainé le blocage du détroit d’Ormuz, a apporté mort et destruction non seulement aux Iranien·nes et aux Étatsunien·nes, mais aussi à la population du Moyen-Orient et a interrompu l’approvisionnement en pétrole (20 %) et en engrais. Par ce fait même, elle a entrainé un bouleversement des économies mondiales. Plusieurs pays de la région ont été entraînés dans la guerre et l’aide militaire apportée à l’Iran par la Russie et la Chine accroît le risque d’une guerre plus vaste.
Les élections de mi-mandat marqueront l’aboutissement de deux années de manifestations de masse, notamment les « No Kings », le 1er mai 2026 et les rassemblements « Fighting Oligarchy » du sénateur Bernie Sanders, qui ont rassemblé au total des millions d’Étatsunien·nes dans plus de 3 500 localités. Ces manifestations sont devenues un mouvement global de contestation contre tous les aspects de la politique de Trump, depuis son affaiblissement de la démocratie jusqu’à ses baisses d’impôts pour les riches et ses coupes dans les prestations sociales pour le reste d’entre nous. Elles dénoncent son appui au génocide perpétré par Israël à Gaza, sa guerre menée conjointement avec Israël contre l’Iran, ses attaques violentes et inhumaines contre les immigré·es et sa défense du pétrole et du charbon, alors même que ces énergies sont à l’origine du réchauffement climatique et provoquent des phénomènes météorologiques extrêmes.
La plupart de ceux qui manifestent pour « No Kings » et participent aux rassemblements « Fighting Oligarchy » attendent avec impatience ce mois de novembre, y voyant l’occasion d’élire une majorité de démocrates au Congrès et, espèrent-ils, de commencer à freiner Trump et les républicains. Et ce, même si beaucoup considèrent les démocrates comme faibles, inefficaces et dépourvus d’idées utiles, et encore moins inspirantes. Il existe désormais une résistance large et active contre Trump dans tout le pays.

Trump est-il en train de perdre son emprise sur le Parti républicain ?
On observe parallèlement des signes indiquant que Trump — malgré sa capacité à se venger de ses adversaires lors des primaires républicaines — est en train de perdre son emprise tant sur le mouvement « Make America Great Again » (MAGA) que sur le Parti républicain. L’aile du mouvement prônant « l’Amérique d’abord » et la fin des guerres sans fin, ainsi que ses figures influentes — l’ancien présentateur de Fox News Tucker Carlson, la personnalité médiatique Candace Owens, la podcasteuse Megyn Kelly et l’ancienne députée Marjorie Taylor Greene n’ont pas apprécié la guerre contre l’Iran dès le début. Le vice-président J.D. Vance peut être considéré comme un partenaire silencieux de ce groupe. Et ces personnalités, ainsi que d’autres, comme le sénateur Ted Cruz et le chroniqueur duNew York Times Bret Stephens, sont manifestement mécontentes que, malgré le coût énorme de la guerre en Iran, désormais estimé à plus de 40 milliards de dollars, les États-Unis aient subi une défaite cinglante, sans avoir atteint aucun de leurs objectifs.

Dans le même temps, certains sénateurs républicains se désolidarisent de Trump au sujet de la salle de bal de la Maison-Blanche, dont le coût avait d’abord été estimé à 200 millions de dollars devant être financée par des donateurs privés, puis à 400 millions de dollars à la charge des contribuables. Les républicains du Sénat ont retiré du projet de loi sur le financement de la lutte contre l’immigration la demande de financement d’un milliard de dollars destinée au Service secret, qui aurait contribué à financer la salle de bal du président Donald Trump. Une rupture rare entre les républicains et Trump.
Ils désapprouvent également la création, par le ministère de la Justice de Trump, d’un soi-disant « fonds anti-instrumentalisation » destiné à indemniser des personnes — des partisans de Trump — qui auraient été persécutées par le ministère de la Justice américain sous la présidence de Joseph Biden. L’argent issu de cet accord pourrait être versé aux insurgés du 6 janvier qui ont violemment attaqué le Congrès pour empêcher l’élection de Biden, c’est-à-dire pour renverser le gouvernement élu. Une tentative de coup d’État. Voici comment ça s’est passé. En janvier 2026, Trump a poursuivi l’IRS [NDT : fisc étatsunien] et le ministère des Finances pour 10 milliards de dollars parce que ses déclarations fiscales avaient été rendues publiques. Le ministère de la Justice, dirigé par une personne qu’il avait lui-même nommée, a, dans le cadre d’un accord à l’amiable, accordé à Trump le contrôle de près de 1,8 milliard de dollars qui seront apparemment distribués à ses alliés et à ses amis. « Le plus haut responsable de l’application de la loi du pays demande donc une caisse noire pour payer des gens qui agressent des policiers ? C’est d’une stupidité sans nom, moralement inacceptable… Faites votre choix », a déclaré le sénateur républicain Mitch McConnell. Pour l’instant, cette initiative a été bloquée par les tribunaux.

Mais le plus important est peut-être que plusieurs sondages indiquent que les électeur·trices blancs de la classe travailleuse se détournent désormais de Trump. Comme l’écrit le New York Times :
La cote de popularité de M. Trump en matière d’économie a chuté dans pratiquement tous les groupes. Mais l’effondrement de son soutien au sein d’une frange d’électeur·trices fidèles qui a constitué le socle de sa coalition politique pendant une décennie pourrait bien figurer parmi les événements les plus marquants de2026, selon des entretiens menés auprès de stratèges des deux partis impliqués dans les élections de mi-mandat.
Les sondages montrent désormais régulièrement qu’une majorité d’électeur·trices blancs n’ayant pas obtenude diplôme universitaire n’approuvent plus la gestion de l’économie par M. Trump. (Shane Goldmacher, « Trump’s Big New Vulnerability in 2026: Blue-Collar White Voters », 12 juin 2026,)
Un revirement au sein de la classe travailleuse blanche pourrait être déterminant pour une victoire des démocrates au Congrès, pour mettre un terme au chaos semé par Donald Trump et pour construire un nouveau mouvement syndical.
Pourtant, Trump aborde les élections de mi-mandat avec un pouvoir économique et politique considérable. Les milliardaires de la Silicon Valley, dont beaucoup étaient autrefois considérés comme des idéalistes libéraux, se sont pour la plupart ralliés à Trump en raison de leur opposition aux réglementations sectorielles et à la hausse des impôts proposées par les démocrates.
Parmi ceux qui soutiennent désormais le président, on trouve : Elon Musk, le premier « trillionnaire » du pays, PDG de Tesla et de SpaceX, qui a brièvement dirigé le Département de l’efficacité gouvernementale (ou « Doge »), et qui, malgré des tensions avec le président, reste dans son camp ; Peter Thiel, de Palantir, société fondée avec l’aide de la CIA et prestataire de services pour l’armée ; Marc Andreessen, capital-risqueur et cofondateur d’Andreessen Horowitz ;David Sacks, investisseur en capital-risque et ancien dirigeant de PayPal ; Jeff Bezos, fondateur et président d’Amazon ; Mark Zuckerberg, PDG de Meta ; Sam Altman, PDG d’OpenAI ; et Tim Cook, PDG d’Apple. Presque tous ces hommes ont versé des millions à la campagne de Trump, ont participé à ses grands événements et ont collaboré activement avec son administration. Ils incarnent le summum de l’oligarchie contre laquelle le sénateur Bernie Sanders s’insurge.
Dans le même temps, Trump et les républicains ont consolidé leur emprise sur une grande partie des médias. Musk, bien sûr, est propriétaire de X, une importante plateforme mondiale de réseaux sociaux et d’actualités. Les alliés de Trump, Larry et David Ellison, ont racheté Paramount, propriétaire de CBS. Après ce rachat, CBS News a orienté ses reportages vers la droite. CBS a également annulé l’émission de Stephen Colbert, The Late Show, qui était diffusée depuis onze ans et qui avait été, pendant neuf de ces années, l’émission de télévision du soir la plus regardée, manifestement en raison des critiques formulées par Colbert à l’encontre de Trump et de son administration. Nexstar Media Group et Sinclair Broadcast Group contrôlent tous deux des centaines de chaînes de télévision locales qui défendent des positions de droite. De son côté, Jeff Bezos a racheté le Washington Post et a orienté sa rubrique d’opinion vers la mise en avant des « libertés individuelles et du libre marché », tout en supprimant le soutien du journal à un candidat à la présidence. Dans le même temps, la Commission fédérale des communications (FCC), sous la présidence de Brendan Carr, a utilisé les autorisations de fusion en attente pour faire pression sur les chaînes, visant en particulier ABC et provoquant la suspension temporaire de l’émission nocturne de Jimmy Kimmel. Il a également critiqué Stephen Colbert et mène actuellement une enquête sur « The View », l’émission diffusée en journée au cours de laquelle des intervenantes discutent de l’actualité et critiquent parfois Trump.

Dans le même temps, le ministère de la Justice de Trump s’en prend de plus en plus aux militant·es de gauche. Il a désigné 15 membres de Direct Action Minnesota impliqués dans des manifestations contre l’ICE. Une enquête du FBI est désormais en cours sur un groupe local d’inscription sur les listes électorales dans l’Ohio, soupçonné de fraude électorale. Et un groupe de huit militant·es pro-palestinien·nes de l’université du Michigan a été inculpé de complot visant à menacer les dirigeants du campus afin de les contraindre à rompre leurs liens avec Israël. Le Southern Poverty Law Center (SPLC) a indiqué faire l’objet d’une enquête pénale du ministère de la Justice concernant son recours passé à des informateurs rémunérés au sein de groupes du Ku Klux Klan et néonazis. Nous vivons de plus en plus dans un État policier.
Un désir de changement
Néanmoins, l’électorat est en ébullition. Les Étatsunien·nes , qu’ils soient républicains, démocrates ou indépendants, sont en quête d’une nouvelle orientation politique. Les droits de douane imposés par Trump, puis la guerre contre l’Iran ont balayé tout optimisme économique. La hausse des prix de l’essence et des denrées alimentaires due à la guerre contre l’Iran, le coût astronomique du logement dans de nombreuses villes, le coût élevé des soins de santé et l’instabilité de l’économie ont conduit beaucoup de gens à prendre conscience de la nécessité d’un nouveau programme politique pour faire face à ce que de nombreux citoyen·nes ordinaires perçoivent comme une crise économique. En Californie, tant le gouverneur Gavin Newsom que le député Ro Khanna, qui représente la Silicon Valley, ont évoqué la possibilité de s’inspirer du président Franklin Delano Roosevelt qui, pendant la Grande Dépression des années 1930, a mis en place un nouveau pacte social qui a amélioré les conditions de vie des travailleurs et des personnes âgées — et sauvé le capitalisme.
Il est pourtant évident que ces deux hommes politiques californiens craignent de s’attirer les foudres de la « classe des donateurs », en particulier celle des milliardaires du secteur technologique de leur propre État. Newsome et Khanna évoquent tous deux la nécessité de taxer les milliardaires, mais soulignent également à quel point ils apprécient les entrepreneurs, notamment ceux de la Silicon Valley. Tom Steyer, un milliardaire américain, se montre quant à lui moins prudent, peut-être parce qu’il peut se le permettre, homme d’affaires, philanthrope, défenseur de l’environnement et ancien candidat du Parti démocrate au poste de gouverneur, dont le programme prônait un système de santé à payeur unique, l’abolition de l’ICE, la mise sous pression de Pacific Gaz and Electric Company (PG&E) pour réduire les coûts énergétiques, ainsi que d’autres mesures progressistes.

De nombreux électeur·trices voteront pour les démocrates en novembre afin de mettre un terme au mandat de Trump, mais ils n’ont guère d’espoir que ce parti, dirigé par des modérés, tels que le sénateur Chuck Schumer et le député Hakeem Jeffries — tous deux profondément attachés au système en place —, soit capable de tracer une nouvelle voie.Mais pour les électeur·trices, épuisés, en colère et effrayés, les démocrates constituent pour l’instant la seule alternative, puisque nous vivons malheureusement dans un pays où il n’y a que deux partis capitalistes conservateurs, l’un bien pire que l’autre. Et désormais, avec le redécoupage électoral du Congrès, il nous sera encore plus difficile de choisir entre ces deux mauvaises options.
Manipuler les élections
Les allégations de fraude électorale du président Donald Trump, les décisions de la Cour suprême et les votes des législatures des États redéfinissent le cadre électoral des redécoupages électoraux visant à augmenter le nombre de représentants républicains et à réduire celui des démocrates. Parallèlement, ce processus réduira le nombre de représentant·es noirs et latino-américains au Congrès, puisque 82 % des Noirs et 61 % des Latino-Américains soutiennent les démocrates. Et lorsque le redécoupage électoral est partisan, comme il favorise les élu·es sortants — dont la plupart sont des hommes —, il réduit généralement aussi la représentation des femmes.
Les élections de mi-mandat se traduisent historiquement par des gains pour le parti qui n’est pas au pouvoir, ce qui, en novembre prochain, devrait signifier une victoire démocrate, puisque le républicain Trump est président et que les républicains contrôlent également les deux chambres du Congrès. Mais Trump et les républicains s’activent fébrilement pour truquer les élections afin que leur parti l’emporte et conserver le contrôle du Congrès. Historiquement, le redécoupage électoral était effectué dans tous les États à l’occasion du recensement décennal afin de refléter l’évolution démographique, mais il est désormais réalisé entre deux recensements, de manière partisane, afin de favoriser l’un ou l’autre des partis. Ce processus a débuté en juillet 2025, lorsque Trump a exigé que le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, et les républicains, qui dominaient l’Assemblée législative de l’État, redéfinissent les circonscriptionsélectorales de l’État, ce qu’ils ont fait.
Dans le cadre de ce processus de redécoupage électoral, les républicains du Texas devraient remporter trois à quatre sièges supplémentaires au Congrès. Après le Texas, les États républicains du Missouri et de la Caroline du Nord ont également redessiné leurs cartes électorales, ce qui a permis aux républicains de gagner un siège supplémentaire dans chacun de ces États. En raison de litiges, l’Ohio et l’Utah ont tous deux procédé à un redécoupage électoral, ce qui s’est traduit par deux sièges républicains supplémentaires dans l’Ohio et un dans l’Utah.
En réponse, la Californie, qui dispose de la plus grande délégation au Congrès (52 sièges) et est dirigée par un gouverneur démocrate, Gavin Newsom, a organisé un référendum à l’échelle de l’État pour approuver le redécoupage électoral. Grâce à cette nouvelle carte, les démocrates ont gagné quatre à cinq nouveaux sièges. À l’instar de la Californie, la Virginie a adopté un référendum visant à redécouper les circonscriptions et à ajouter des sièges démocrates, mais la Cour suprême de l’État a annulé cette initiative en invoquant des arguments juridiques contestables.

La deuxième partie de l’histoire commence le 29 avril 2026, lorsque la Cour suprême des États-Unis a statué, dans le cadre d’une affaire en Louisiane, que la section 2 de la loi sur les droits de vote constituait un découpage électoral discriminatoire et donc inconstitutionnel, car elle garantissait la représentation des Noirs au Congrès. Pour saisir l’importance de cette décision, il faut comprendre qu’après la guerre de Sécession (1861-1865), trois amendements à la Constitution ont affranchi les anciens esclaves noirs, leur ont accordé la citoyenneté et leur ont donné le droit de vote. Après la courte période progressiste de « Reconstruction radicale », qui prit fin en 1877, les 11 États du Vieux Sud, où l’esclavage avait existé, ont refusé le droit de vote aux Noirs, les ont ségrégués et ont toléré les lynchages pour punir les « fauteurs de troubles ». Ce n’est qu’après le mouvement des droits civiques des années 1950 et 1960, une période marquée par d’énormes manifestations et conflits, que les Noirs ont obtenu le droit de vote grâce à la loi sur les droits électoraux (Voting Rights Act). Cette loi garantissait que les Noirs de tout le Sud puissent voter et être représentés au Congrès proportionnellement à leur population dans leur État.
Lorsque, en avril, la Cour suprême a invalidé les dispositions pertinentes de cette loi, les républicain·es se sont empressés de redécouper les circonscriptions électorales au Tennessee et en Floride, tandis que l’Alabama et la Géorgie ont également fait l’objet d’un redécoupage à la suite de procédures judiciaires. Toutes ces mesures se traduiront par un nombre accru de sièges pour les républicain·es et une réduction de la représentation des Afro-Américain·es. Par exemple, au Tennessee, la circonscription électorale de la ville de Memphis et du comté de Shelby, à 63 % noire, a été divisée en trois circonscriptions distinctes, chacune rattachée à des zones blanches suburbaines ou rurales, éliminant ainsi deux circonscriptions noires et démocrates.

Ce sont là des revers considérables pour la démocratie et pour les Afro-Américain·es. Les démocrates pourraient encore remporter les élections de mi-mandat en novembre grâce à l’impopularité actuelle de Trump, mais, à l’avenir, les démocrates ou d’autres partis d’opposition constateront que toutes les élections seront plus difficiles.
Il ne faut pas oublier non plus que Steve Bannon, conseiller de Trump, a appelé le président à envoyer l’ICE ou des troupes américaines dans les bureaux de vote, soi-disant pour prévenir la fraude électorale. Trump a également déclaré qu’il pourrait invoquer la loi sur l’insurrection. Le déploiement de l’ICE ou de troupes militaires dans les bureaux de vote constituerait une violation de la loi fédérale, et de nombreux États interdisent la présence d’armes à feu dans ces lieux.Pourtant, Trump pourrait, comme il l’a déjà fait par le passé, simplement ignorer la loi. Il est également possible que des groupes néofascistes, tels que les Proud Boys et des milices d’extrême droite, s’ingèrent dans les élections.

Ainsi, face à ces deux partis favorables aux entreprises, que faut-il faire ?
N’y a-t-il donc aucune alternative ?
Il y a bien sûr le Parti vert, fondé en 1984, un parti progressiste et pro-ouvrier, doté d’un programme écosocialiste, mais il n’a pas réussi à rallier le soutien populaire de masse nécessaire. Bien qu’il ait fait élire des dizaines d’élu·es locaux, il n’a jamais fait élire de représentant au Congrès, ni de gouverneur, ni de maire d’une grande ville, et n’a recueilli qu’entre 1 et 4 % des voix lors des élections présidentielles. Pour la plupart des électeur·trices, les Verts ne semblent pas constituer une véritable option.
Il pourrait y avoir une autre option. Les Leopold, du Labor Institute, qui a une longue expérience en tant que stratège et formateur auprès de militant·es syndicaux progressistes, soutient que l’heure est venue de proposer une alternative pour la classe travailleuse. Il expose ses arguments en faveur d’un parti des travailleurs dans son nouveau livre intitulé The Billionaires Have Two Parties, We Need a Party of Our Own : How working people can build independent political power [NDT: Les milliardaires ont deux partis, nous avons besoin d’un parti à nous : comment les travailleurs peuvent construire un pouvoir politique indépendant]. Ce n’est pas une idée nouvelle. Les, aux côtés de son camarade syndicaliste Tony Mazzocchi, a œuvré pendant des années pour tenter de créer un parti des travailleur·euses. En 1996, ils ont réussi à rassembler à Cleveland, dans l’Ohio, 1 400 délégué·es venus de quarante-quatre États, représentant près de deux millions de syndiqué·es, lors du congrès fondateur du Labor Party. Par la suite, cependant, les syndicats ont refusé de présenter des candidat·es contre les démocrates, et en 2007, le parti avait cessé ses activités.

Leopold estime que le moment est venu. Des sondages originaux menés dans les États de la « Rust Belt » (ceinture de rouille) que sont le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin ont révélé que la plupart des électeur·trices issus de la classe travailleuse, quelle que soit leur affiliation politique, soutiennent des mesures progressistes, telles que l’imposition des riches, l’interdiction des licenciements collectifs et le plafonnement du coût des médicaments sur ordonnance. D’autres sondages indiquent également qu’ils considèrent les soins de santé comme un droit humain et que beaucoup souhaite que les écoles professionnelles, les établissements d’enseignement supérieur et les universités soient gratuits. Nous savons que des millions d’Étatsunien·nes ont tourné le dos aux deux grands partis, si bien qu’aujourd’hui, une pluralité d’entre eux se déclare indépendante. C’est pourquoi, selon Leopold, l’heure est venue de créer un nouveau parti, et il est clairement convaincu que le mouvement syndical constitue le tremplin idéal pour la naissance d’un tel parti politique.
Est-ce possible ? À l’heure actuelle, 14,7 millions de salarié·es sont syndiqués, ce qui représente 10 % de la population active américaine. Le taux de syndicalisation des travailleur·euses du secteur public s’élève à 32,9 %, contre 5,9 % pour ceux du secteur privé, même si, au cours de son deuxième mandat, Trump a supprimé 350 000 postes dans la fonction publique fédérale. La question, bien sûr, n’est pas simplement de savoir combien de travailleur·euses sont syndiqués, mais s’ils seront prêts à se battre pour le changement, tant économique que politique. L’histoire montre qu’un nouveau parti de gauche, un parti des travailleur·euses, ne peut naître que d’un mouvement de masse militant de la classe travailleuse, à l’image des grands soulèvements ouvriers des années 1890, 1930 et 1970 ; la question est donc de savoir si nous observons aujourd’hui un tel potentiel de force.

Nous avons assisté à d’importantes grèves de masse ces dernières années, notamment celle du syndicat United Auto Workers contre les « trois grands » constructeurs automobiles, et celle des scénaristes de la SAG-AFTRA contre les studios hollywoodiens. Le syndicat des Teamsters s’est mobilisé pour une grève contre UPS, mais un accord a été conclu in extremis, évitant ainsi l’arrêt des activités. Les directions syndicales n’ont toutefois pas de positions politiques uniformes et sont en proie à des divisions internes. Le président du syndicat Shawn Fain et l’UAW ont soutenu les démocrates, tandis que le président des Teamsters, Sean O’Brien, a apporté son soutien à Trump. Et malgré le succès remporté il y a à peine deux ans en organisant une grève nationale, la direction de l’UAW est aujourd’hui profondément divisée en factions et cliques rivales. Les infirmier·es et les enseignant·es, au sein de leurs différents syndicats, restent les travailleur·euses les plus progressistes sur le plan politique, et on peut imaginer qu’ils adoptent une position favorable à un parti travailliste — même si, jusqu’à présent, ce n’est pas le cas.
D’autres mouvements sociaux, même s’ils ne sont pas affiliés à des syndicats, ont une base ouvrière. J’ai déjà évoqué les millions de personnes qui ont pris part aux manifestations « No Kings ». Bien que ces rassemblements soient composés de personnes de divers milieux sociaux, ils représentent des expressions significatives de protestation et d’engagement contre Trump et les républicains. On y compte plusieurs travailleurs et travailleuses, mais ils n’ont pas été des manifestations militantes. Dans le même temps, cependant, nous avons assisté à une désobéissance civile massive et militante dans les luttes menées par les communautés ouvrières de Minneapolis, Chicago et Los Angeles contre les agents de l’ICE. De nombreux autres États et villes comptent des mouvements anti-ICE et pro-immigré‚es qui n’ont pas encore eu à faire face à l’épreuve de la confrontation avec ces gangsters au service du gouvernement, mais certains d’entre eux seraient certainement aussi militant·es que ceux de Minneapolis, Chicago et Los Angeles.
Ces différentes initiatives peuvent-elles donner naissance à un mouvement ? Peut-être. Le président de l’UAW, Fain, a proposé que les syndicats négocient des conventions collectives dont la date d’expiration serait fixée au 1er mai 2028, dans le but de déclencher la première grève générale du pays. Mais face à la résistance des employeurs et aux luttes fractionnelles au sein de son propre syndicat, Fain n’a pas été en mesure de contribuer à la construction d’un tel mouvement. Depuis deux ans, un groupe appelé « May Day Strong », coalition regroupant des syndicats, des organisations de défense des droits des immigré·es ainsi que des organisations en faveur de la démocratie et des droits civiques, travaille sur cette proposition, notamment en organisant des manifestations de protestation.

Les villes jumelles de Minneapolis-Saint Paul connaissent depuis plusieurs années une mobilisation quasi ininterrompue, depuis le meurtre de George Floyd par la police le 25 mai 2020, suivi du soulèvement qui a alors déclenché le mouvement « Black Lives Matter ». Deux ans plus tard, en mars 2022, les enseignant·es de Minneapolis ont mené une grève de dix-huit jours couronnée de succès qui a permis d’améliorer leurs salaires et leurs conditions de travail. Ainsi, dans les villes jumelles, des tentatives ont été faites pour approfondir le mouvement de résistance en organisant des assemblées de travailleurs et de travailleuses. La première en a réuni 400, tandis que la seconde en a réuni seulement 200. Il est donc difficile de savoir où va ce mouvement issu de la base.
D’autres mouvements émergent. L’annulation par la Cour suprême d’une disposition clé de la loi sur les droits de vote de 1965, qui pourrait entraîner la perte de leur siège pour 19 député·es noirs, semble inciter les Afro-Américain·es à se joindre à des manifestations de masse en faveur des droits civiques pour la première fois depuis des années. Des milliers de personnes noires ont pris part à ces manifestations dans les villes historiques de Selma et Montgomery, en Alabama, où leurs courageux ancêtres se sont battus dans les années 1950 et 1960. Nous entrons donc peut-être dans une nouvelle ère de militantisme noir, reprenant peut-être là où s’étaient arrêtées les manifestations « Black Lives Matter » de 2020, les plus importantes de ce type dans l’histoire des États-Unis.
Qu’en est-il de l’aile progressiste du Parti démocrate ?
Si la création d’un parti travailliste n’est pas encore à l’ordre du jour, pourrait-on faire autre chose ? Le taux de popularité de Trump, au 17 juin 2026, n’était que de 36 %, un chiffre remarquablement bas. La plupart des sondages indiquent que les démocrates — malgré la manipulation des élections par le redécoupage électoral — peuvent reconquérir la Chambre des représentants et peut-être aussi le Sénat. Cela soulève donc la question suivante : si nous ne disposons pas encore du mouvement de masse militant nécessaire pour propulser l’émergence d’un nouveau parti politique, un parti des travailleur·euses, ce mouvement pourrait-il être suffisamment important et dynamique pour renforcer le poids des démocrates progressistes ?
Il existe trois organisations dont la stratégie vise précisément cet objectif : faire élire davantage de démocrates progressistes. Il y a Justice Democrats, un comité d’action politique formé par des militant·es de la campagne de Bernie Sanders en 2020, qui a contribué à faire élire les représentants au Congrès Raúl Grijalva, Pramila Jayapal, Ro Khanna, Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Presley et Rashida Tlaib. Justice Democrats apporte son soutien à des candidats, collecte des fonds et offre des conseils stratégiques, mais ce n’est pas une organisation politique.
Deux groupes politiques travaillent sur ce projet : le Working Families Party (WFP) et les Democratic Socialists of America (DSA). Le WFP, fondé en 1998 par des syndicats, des associations de défense et des organisations communautaires, est un parti politique qui présente parfois des candidat‚es indépendants, bien qu’il soutienne principalement les démocrates. Le DSA est une organisation socialiste indépendante comptant environ 100 000 membres ; toutefois, n’étant pas un parti politique électoral, il n’apparaît pas sur les bulletins de vote. Le DSA soutient lui aussi principalement les démocrates, en mettant l’accent sur des membres du DSA tels qu’Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Zohran Mamdani, bien qu’il ait également soutenu et réussi à faire élire d’autres progressistes et socialistes au Congrès ainsi qu’à des fonctions au niveau des États et des municipalités. Par ailleurs, le DSA a contribué à l’élection de dizaines d’élu·es au niveau des États, des comtés et des municipalités. Les candidats de l’organisation ont obtenu de bons résultats lors des primaires organisées au printemps dans plusieurs villes et États.

La DSA a, par le passé, fait élire plusieurs de ses membres au Congrès et deux d’entre eux siègent actuellement à la Chambre des représentants : Ocasio-Cortez et Tlaib. L’élection de Mamdani au poste de maire de New York, grâce à un programme progressiste prônant un gel des loyers, une garde d’enfants universelle et la gratuité des bus publics, a constitué une avancée majeure. Depuis son élection, Mamdani a réussi à obtenir des financements de l’État de New York pour ses programmes destinés à la petite enfance et à la prématernelle et, semble-t-il, sa proposition de gel des loyers dans environ un million d’appartements à loyer réglementé est en passe de se concrétiser. Mamdani milite pour un contrôle public accru des logements sociaux et une meilleure protection des locataires. La DSA a toutefois critiqué Mamdani pour son soutien à un projet visant à renforcer les effectifs de la police de New York de 580 agents.
Au sein du Congrès américain, le Congressional Progressive Caucus (CPC) compte actuellement 100 membres. Certains, comme le sénateur Bernie Sanders, se considèrent comme socialistes, mais ce n’est pas le cas de la plupart d’entre eux. Le CPC s’est récemment concentré sur les soins de santé et d’autres questions économiques, et plus récemment sur la « crise de l’accessibilité financière ». Bien que certains membres du groupe votent régulièrement contre le budget militaire, ce n’est pas le cas du groupe dans son ensemble. La majorité des membres du groupe — ainsi que le groupe lui-même — n’a pas soutenu la campagne militaire israélienne à Gaza. Et le CPC a apporté son soutien au « Block the Bombs Act », qui limiterait les transferts d’armes américaines à l’armée israélienne jusqu’à ce que cessent les violations des droits de l’homme à Gaza.
Le Progressive Caucus, dont certains membres ont reçu le soutien des Justice Democrats, du Working Families Party et des Democratic Socialists of America, prend des positions importantes, contribue à sensibiliser le public et encourage les manifestations de masse, telles que « No Kings ». Le Caucus s’est toutefois révélé incapable d’organiser un mouvement visant à rompre avec le système actuel, tant avec les républicains qu’avec les démocrates qui préservent le statu quo. Beaucoup, dont moi-même, voteront pour leurs candidats, dans l’espoir de ralentir la marche de Trump vers l’autoritarisme, la dictature et une nouvelle version américaine du fascisme du XXIe siècle. Il vaudrait mieux mettre en place ce parti des travailleur·euses auquel certains s’efforcent de donner naissance, mais cela nécessiterait probablement une lutte de masse de la classe travailleuse et une rébellion sociale plus large, ce dont nous ne disposons pas encore. Peut-être que les politiques intérieures et étrangères de Trump pousseront enfin suffisamment de gens à riposter, mais jusqu’à présent, bien qu’ils soient confrontés à des défis, la classe des milliardaires, les républicains et Trump ont le dessus.
Dans tous les cas, nous serons aux côtés de Minneapolis et d’autres villes et communes pour lutter contre l’ICE et défendre les immigré·es. Nous participerons aux manifestations « No Kings ». Nous nous mobiliserons à la manifestation du 1er mai 2028, en espérant que l’appel à la grève générale trouve un écho à l’échelle nationale.
Une victoire des démocrates aux élections de mi-mandat pourrait porter un coup dur à Trump, à son mouvement MAGA et aux républicains. Il y a de fortes chances que, malgré le redécoupage électoral partisan, les démocrates puissent prendre le contrôle de la Chambre des représentants et peut-être même du Sénat. Bien que cela soit loin d’être une alternative idéale, un tel résultat pourrait entraver les divers projets de Trump en matière de politique intérieure et étrangère, même s’il continuerait d’utiliser tous les pouvoirs de la présidence pour mener à bien ses politiques ignobles, et que les démocrates n’auraient peut-être pas la volonté de l’arrêter. Néanmoins, la défaite des républicains aux élections de mi-mandat représenterait un revers pour Trump, une victoire pour l’opposition, et offrirait à la résistance des opportunités de construire le mouvement social et les manifestations, d’où pourrait naître une nouvelle politique.
* Cet article a été traduit de l’anglais par Marx21.ch ; il est paraîtra dans le Numéro 138 de la revue New Politics.
Dan La Botz est membre du comité de rédaction de New Politics.


