Un regard de l’Inde sur la conférence internationale antifasciste de Porto Alegre

par , | 20 Avr. 2026 | PAYS ET RÉGIONS, Amérique latine, Brésil, POLITIQUE, Extrêmes droites & Fascismes, Guerre, Impérialisme & Anti-Impérialisme

🕒 20 minutes

Dans cet entretien mené par Gabriella Lima, Sushovan Dhar tire un bilan de la première Conférence internationale antifasciste, qui s’est tenue à Porto Alegre (Brésil) du 26 au 29 mars dernier. Il revient sur les avancées, les limites et les défis liés à la construction d’un front unique antifasciste et anti-impérialisme sur le plan international, ainsi que sur les perspectives de construction d’une conférence régionale en Asie, en 2027.

Sushovan Dhar est lié à la 4e internationale et membre du Comité pour l’Abolition des dettes illégitimes (CADTM) en Inde, qui a joué un rôle moteur dans l’organisation de la conférence de Porto Alegre et ses liens internationaux. Propos recueillis par Gabriella Lima.

 

Gabriella Lima : Dans quel contexte intervient la conférence internationale antifasciste et quelle importance a-t-elle dans la séquence politique qu’on traverse actuellement ?

Sushovan Dhar : C’est important de noter dans quel moment politique intervient la conférence. Nous sommes dans un moment particulièrement dangereux et instable à l’échelle mondiale. En effet, nous assistons simultanément à la montée de l’extrême droite, au retour des guerres impérialistes et à une offensive globale contre les droits sociaux et démocratiques. On voit aujourd’hui des forces autoritaires et d’extrême droite se développer partout. Il suffit de penser à Trump et au trumpisme aux États-Unis, à Milei en Argentine, à Modi en Inde, à Netanyahu en Israël, à la montée de l’extrême droite en Europe, mais aussi à des régimes autoritaires dans différentes régions du monde, y compris en Russie et en Chine.

Donc ces dynamiques ne sont pas isolées, elles sont profondément liées à la crise du capitalisme, à l’aggravation des inégalités sociales et à une militarisation croissante. En même temps, on assiste également au retour très net des conflits entre puissances. Donc, la guerre en Ukraine, le génocide en Palestine, l’attaque sur l’Iran, l’escalade au Moyen-Orient, les tensions croissantes en Asie, tout cela montre qu’on entre dans une période marquée par l’instabilité et la confrontation entre blocs.

Dans ce contexte, la conférence de Porto Alegre a été une tentative très importante de reconstruire une réponse internationaliste. Depuis le déclin du Forum social mondial, il y avait un manque d’espace de coordination politique internationale. Cette conférence visait ainsi à relancer une dynamique avec un objectif très clair : reconstruire un front antifasciste et anti-impérialiste à l’échelle internationale. Je pense que c’est ce qui donne à cette conférence son importance politique. Ce n’était pas simplement un événement, mais une première étape pour reconstruire une coordination internationale face à la montée de l’extrême droite et des conflits.

G.L. : Les organisateurs de la conférence partaient de la compréhension que l’unité dans l’action était nécessaire pour combattre la montée du fascisme et le retour des guerres inter-impérialistes à large échelle. Peux-tu nous parler de ce cadre unitaire et comment il s’est construit ? Quel bilan tires-tu de notre capacité à construire un front antifasciste large sur le plan international ?

S.D. : Il faut noter que dès le départ, nous comprenions assez clairement, que face à la montée globale de l’extrême droite, aucune organisation ne peut agir seule. Donc il fallait construire une unité large, même avec des différences politiques importantes. Le processus a réuni une grande diversité d’acteurs — des mouvements sociaux, des organisations politiques, des syndicats, des mouvements féministes, des réseaux internationaux, des organisations paysannes de différentes traditions de la gauche. C’était cette diversité qui a fait la richesse, mais qui a aussi produit des tensions dans la conférence. Il faut comprendre que l’unité ne s’est pas construite à partir d’une homogénéité politique, mais en misant sur une convergence dans l’action.

C’est important, parce que dans un front antifasciste, l’objectif, n’est pas d’avoir une ligne commune sur tout, mais de construire des convergences face à une menace qui nous concerne tous. Mais cette unité a aussi révélé les contradictions de la gauche internationale, qui est actuellement assez fragmentée. Certaines forces ont toujours une vision « campiste » de l’anti-impérialisme et minimisent certains régimes autoritaires, comme la Russie ou la Chine, pour la seule raison qu’ils sont « en conflit » avec les puissances occidentales. Cela a donné lieu à des débats importants. Mais je pense que c’est aussi un aspect positif, parce que construire un front antifasciste international implique nécessairement des discussions politiques et des débats sérieux. Donc, globalement, la conférence a montré qu’il existe aujourd’hui une volonté réelle de reconstruire une coordination internationale, même si ce processus reste encore à développer. C’est le défi !

 

G.L. : On va revenir sur ces divergences d’orientation concernant l’anti-impérialisme, peux-tu nous dire quelques mots sur le bilan que tu tires de cet événement et présenter les orientations issues de la déclaration finale adoptée à Porto Alegre ?

S.D. : La conférence a été une réussite importante : il y a eu une participation large de délégations de plusieurs continents et une dynamique militante très forte. Ce qui était particulièrement important, c’est que la conférence a permis de créer des liens entre des organisations et mouvements qui ne travaillaient pas forcément ensemble auparavant. Elle a aussi permis de discuter de manière ouverte des grandes questions stratégiques comme la montée de l’extrême droite, les guerres, la question de l’anti-impérialisme, la question de la dette, des luttes sociales et féministes, etc. La déclaration finale reflète cette convergence large. Elle met en avant la lutte contre l’extrême droite, la solidarité avec la Palestine, l’opposition aux guerres impérialistes, la défense des droits sociaux et démocratiques et aussi – c’est très important – la nécessité de renforcer la solidarité internationale.

Mais en même temps, comme l’a aussi souligné Eric Toussaint dans son bilan de la conférence, cette convergence s’est réalisée avec certaines ambiguïtés politiques qu’il est important de reconnaître, parce que la construction d’une dynamique durable implique la clarification de ces divergences. En somme, je dirais que la conférence a représenté une étape importante, mais qu’elle marque plutôt un point de départ qu’un point d’arrivée.

G.L. : Pour revenir à ses limites, au sein de la gauche internationale, certains ont considéré que cette conférence apportait une caution à l’idée qu’il n’y avait fondamentalement que les impérialismes occidentaux qui servaient de points d’appui aux différentes extrêmes droites dans le monde. Peux-tu nous en dire un peu plus sur la manière dont ce débat a été mené au sein du comité organisateur avec les forces qui se sont opposées à évoquer la Russie de Vladimir Poutine comme partie prenante des puissances impérialistes qu’il s’agit de combattre, alors même qu’elle mène l’une des guerres impérialistes les plus féroces depuis plus de quatre ans en Ukraine et qu’elle soutient ouvertement des forces d’extrême droite à l’échelle internationale ?

S.D. : L’un des débats les plus importants de la conférence a bien sûr porté sur la question de la Russie, de la guerre en Ukraine et, plus largement, sur la manière de définir l’anti-impérialisme d’aujourd’hui. Certaines forces en présences ont pointé – à juste titre – le rôle des impérialismes occidentaux, notamment des États-Unis et de l’OTAN. Mais en même temps, une partie de ces forces ont refusé de — ou hésité à — caractériser la Russie comme une puissance impérialiste ou à dénoncer clairement l’agression contre l’Ukraine, qui fait rage depuis plus de 4 ans. Ce débat est fondamental, parce qu’il touche à la crédibilité même d’un projet antifasciste et anti-impérialiste international. Si l’on adopte une vision sélective de l’anti-impérialisme, on risque de tomber dans une logique « campiste », qui n’évoque pas certains régimes autoritaires simplement parce qu’ils sont en conflit avec les puissances occidentales.

Or, la Russie de Poutine mène depuis plusieurs années une guerre d’invasion brutale contre l’Ukraine, qui se traduit par des destructions massives, une répression des mouvements démocratiques et une politique agressive dans toute la région et même contre toute opposition dans son propre pays. Par ailleurs, le régime russe entretient des liens avec différentes forces d’extrême droite à l’échelle internationale. On a souligné pendant la conférence que le fait d’avoir laissé de côté cette question a été l’une de ses limites politiques. Cela montre qu’il existe encore des divergences importantes au sein de la gauche internationale, très fragmentée, sur les manières de penser l’anti-impérialisme dans un monde multipolaire. Donc pour nous, la position doit être très claire : l’anti-impérialisme ne peut pas être sélectif, il doit s’opposer à toutes les puissances impérialistes, quelles qu’elles soient. Faute de quoi, on affaiblit notre perspective internationaliste.

 

G.L. : Peux-tu revenir aussi sur les efforts déployés par les militants des organisations de la IVe Internationale pour thématiser la solidarité avec le peuple ukrainien et dénoncer l’impérialisme russe pendant la conférence ?

S.D. : Les militants et militantes de la IVe internationale et des organisations qui lui sont liées ont joué un grand rôle dans l’organisation de cette conférence et dans la défense d’une position internationaliste indépendante. Il était essentiel de le faire. Plusieurs interventions ont  affirmé notre solidarité avec le peuple ukrainien tout en s’opposant également à l’OTAN et la militarisation globale. Cette position indépendante rejette à la fois tout alignement sur les puissances occidentales et toute complaisance envers l’impérialisme russe. C’est essentiel pour reconstruire un internationalisme crédible.

Des discussions ont également été organisées pour mettre en avant les luttes des mouvements sociaux ukrainiens, des syndicats, des organisations féministes, mais aussi de l’opposition démocratique en Russie. La fille de Boris Kargalitsky, qui est en prison en raison de sa critique du régime de Poutine, y était présente et cela a permis de rappeler que la solidarité internationaliste doit se construire avec les peuples et non avec des États. Ces interventions non pas permis évidemment de lever toutes les divergences, mais elles ont ouvert un débat important et fait valoir une position internationaliste indépendante au sein la conférence.

 

G.L. : Comment expliquer qu’un représentant de la République islamique d’Iran, responsable de la répression la plus sanguinaire dans ce pays depuis plus de 40 ans, ait pu être invité et participer activement à cette conférence ? L’anti-impérialisme du XXIe siècle et la lutte contre les régimes d’extrême droite dans le monde ne doivent-ils pas clairement refuser de faire l’impasse sur des régimes autoritaires pour la seule et unique raison qu’ils sont en conflit avec les impérialismes occidentaux ?

S.D. : C’est une question très importante. Le représentant de l’Iran était au même panel que moi. Sa présence a constitué une autre limite importante de la conférence et cela a vraiment suscité des critiques légitimes sur place, mais aussi de camarades à l’international. Le régime iranien est responsable d’une répression extrêmement brutale contre les mouvements sociaux, les syndicats, les femmes et les minorités. Le mouvement « Femme, vie, liberté » a montré l’ampleur de la contestation populaire contre ce pouvoir autoritaire. Dans ce contexte, la participation à notre conférence d’un représentant lié à ce régime pose un problème politique important. [Voir sur notre site l’article de Maryam Namazie, « La révolution iranienne à l’ombre de la guerre, NDR]

L’anti-impérialisme ne peut pas justifier qu’on ferme les yeux sur des régimes autoritaires pour la simple raison qu’ils sont en conflit avec les puissances occidentales. Cette question a été discutée pendant la conférence et reflète une tension persistante au sein de la gauche internationale : d’un côté il y a une vision « campiste » qui privilégie l’opposition aux États-Unis et de l’autre une perspective internationaliste indépendante qui défend la solidarité avec les peuples. Donc pour nous, la position doit être claire : l’anti-impérialisme doit être un anti-impérialisme des peuples, pas des États.

 

G.L. : Revenons sur les défis liés aux suites de cette conférence. On a vu que malgré son ampleur, son importance et son succès indiscutables, on a encore des progrès à faire pour élargir ce front antifasciste aux syndicats, dont on espère un engagement plus important à l’avenir. C’est aussi le cas pour les mouvements féministes et LGBTQIA+ qui devraient jouer un rôle plus important par la suite, dans la mesure où ils sont directement pris pour cible par les extrêmes droites. Quels sont les défis qui se présentent maintenant pour l’élargissement de cette conférence et comment passer d’une conférence internationale ou de plusieurs conférences régionales, à la constitution d’une organisation qui lie entre eux des mouvements de terrain à l’échelle internationale ?

S.D. : Malgré son succès, la conférence a montré que le front antifasciste international reste encore à construire. Un premier défi concerne la participation des syndicats. La montée de l’extrême droite est profondément liée à la crise sociale, à la précarisation du travail et à l’affaiblissement du mouvement ouvrier. Il est donc essentiel que les syndicats jouent un rôle plus central dans la construction du front antifasciste. Un deuxième défi concerne les mouvements féministes et LGBTQIA+ car ces mouvements sont aujourd’hui directement ciblés par les forces d’extrême droite dans plusieurs pays, même en Inde.

Donc la participation plus forte de ces mouvements dans la construction d’un front antifasciste est indispensable. Un troisième défi est d’ordre organisationnel. Comment passer d’une conférence à une organisation durable ? C’est une question importante, qui implique de construire des réseaux régionaux, de lancer des campagnes communes et de créer des espaces réguliers de coordination. Ainsi, la perspective d’organiser des conférences régionales est une étape importante dans ce processus. On a discuté de la perspective d’organiser une conférence en Argentine, mais il faudra aussi construire des liens concrets entre les mouvements de terrain. C’est important pour élargir le front antifasciste.

 

G.L. : Peux-tu nous parler des grandes mobilisations qui ont eu lieu récemment en Inde et ce que ce contexte ouvre en termes d’organisation et de liens internationaux ?

S.D. : En Inde, comme tu sais, nous faisons face à une poussée très forte de l’extrême droite. Le gouvernement Modi est au pouvoir depuis douze ans. Il combine le nationalisme religieux, l’autoritarisme politique et une politique néolibérale très agressive. Mais il existe aussi des résistances importantes comme le mouvement des paysans, qui a mobilisé des millions de personnes pendant plus d’un an. Il y a aussi les des luttes étudiantes, syndicales et féministes, ainsi que des mobilisations contre les politiques autoritaires. Le 27 février dernier, une grève générale a mobilisé 300 millions de personnes, sans doute l’un des mouvements sociaux les plus massifs de l’histoire du pays. Ces mobilisations montrent que l’extrême droite n’est pas invincible. Elles ouvrent également des perspectives pour renforcer les liens internationaux. Ma participation à la conférence à la conférence de Porto Alegre s’inscrit dans cette dynamique de construction d’un internationalisme militant et durable.

G.L. : La construction d’un front unique antifasciste et anti-impérialiste de ce type en Asie du Sud pose aussi la question du rapport aux BRICS+. Peux-tu nous parler un peu des BRICS+ du point de vue indien et de la ligne internationaliste à défendre à ce sujet dans la perspective d’une conférence unitaire régionale ?

S.D. : La question des BRICS+ est aujourd’hui centrale parce qu’elle suscite beaucoup d’illusions dans certaines parties de la gauche internationale, notamment en Amérique latine, au Brésil, aux États-Unis et aussi en Europe. On voit souvent les BRICS+ présentés comme une alternative progressiste à l’hégémonie occidentale. Mais à mon avis, cette lecture est très problématique. Le BRICS+ ne construit pas un bloc anti-impérialiste, c’est très clair. Il s’agit d’une alliance entre puissances capitalistes qui cherchent à renforcer leur position dans un monde capitaliste en recomposition. Les pays des BRICS+ ont leurs propres intérêts économiques, géopolitiques et stratégiques, d’ailleurs très différents entre eux, qui ne coïncident pas avec ceux du peuple ou des travailleurs, des opprimé·es et des exploité·es.

Dans une perspective indienne, c’est particulièrement clair. Le gouvernement Modi utilise les BRICS+ pour renforcer le rôle géopolitique de l’Inde, attirer des investissements, sécuriser l’accès à des ressources et tenter de renforcer sa position à l’égard de la Chine. Mais cela ne s’accompagne pas d’une politique progressiste, bien au contraire. L’Inde de Modi est marquée par une montée de l’autoritarisme, des attaques contre les minorités et une offensive contre les droits sociaux. Et la même contradiction existe dans les autres pays des BRICS+, comme la Chine, qui développe une politique de puissance globale avec ses propres intérêts économiques et stratégiques, ou la Russie, qui mène une politique impérialiste agressive, notamment en Ukraine. L’élargissement des BRICS+ à des pays comme l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis renforce encore davantage le caractère conservateur et autoritaire de cette alliance.

Comme l’ont souligné des analyses critiques, les BRICS+ représentent d’avantage l’émergence d’un capitalisme multipolaire qu’une alternative progressiste. La multipolarité des puissances capitalistes ne signifie pas nécessairement un monde plus juste. Cela peut au contraire conduire à davantage de rivalités et de conflits. Donc pour un front antifasciste international, notre position doit être claire : il ne faut pas tomber dans une logique d’alliance avec un bloc contre un autre. Notre internationalisme doit rester indépendant des puissances étatiques. Qu’est-ce que cela signifie ? Premièrement, de refuser l’alignement sur les puissances occidentales. Deuxièmement, de refuser également toute illusion sur les BRICS+. Troisièmement, de défendre l’indépendance des mouvements populaires et de construire la solidarité entre les travailleurs·euses et les mouvements sociaux. Il s’agit d’une orientation stratégique essentielle. Si le mouvement antifasciste international développe des illusions sur les BRICS+, il risque de reproduire les erreurs du passé, où l’anti-impérialisme s’est transformé en soutien à des régimes autoritaires. Au contraire, il faut reconstruire un internationalisme des peuples fondé sur la solidarité entre luttes sociales, démocratiques et antifascistes à l’échelle mondiale.

 

G.L. : Quelles sont les perspectives de construction d’une conférence en Asie ? Peux-tu nous parler de la représentation des organisations asiatiques à Porto Alegre et des défis qui se présentent pour la construction d’un tel évènement à l’échelle régionale en 2027 ?

S.D. : La représentation asiatique à la conférence de Porto Alegre, encore relativement limitée, a été tout de même un élément important et prometteur. Des délégations de l’Inde, du Pakistan, des Philippines et d’autres pays asiatiques étaient présentes, ce qui a permis d’ouvrir une discussion sur la construction d’une dynamique antifasciste dans cette vaste région. Cela dit, cette participation est restée en deçà du potentiel réel. L’Asie est aujourd’hui l’une des régions où les tendances autoritaires et nationalistes sont particulièrement fortes. On peut penser à l’Inde avec le nationalisme hindou, aux Philippines avec la consolidation de dynamiques autoritaires, à la montée du militarisme dans plusieurs pays ou encore à la répression contre les mouvements sociaux dans différentes régions.

Par ailleurs, l’Asie est également au cœur des rivalités inter-impérialistes, notamment entre les États-Unis et la Chine, mais aussi de fortes tensions impliquant l’Inde et le Pakistan, une guerre en cours entre le Pakistan et l’Afghanistan, ou encore des conflits en Asie du Sud-Est. Donc, cette situation renforce la nécessité de construire une coordination antifasciste et anti-impérialiste dans la région. Mais il existe aussi des défis spécifiques : la diversité politique, linguistique et culturelle de l’Asie rend plus difficile la construction d’un espace commun et la forte répression dans plusieurs pays limite les possibilités d’organisation ouverte. Enfin, les mouvements sociaux sont souvent fragmentés et confrontés à des contextes nationaux très différents.

Pourtant, malgré ces difficultés, l’objectif d’organiser une conférence antifasciste régionale en Asie est extrêmement important. On a discuté de la possibilité d’une conférence aux Philippines, peut-être en 2027, qui serait aussi une conférence régionale asiatique. À mon avis, cela permettrait de renforcer les liens entre les mouvements sociaux, de partager des expériences de lutte contre l’extrême droite et de construire une solidarité internationale plus forte. Il est aussi important de souligner notre convergence à Istanbul, en juillet, à l’occasion du sommet contre l’OTAN. Donc, c’est important de mobiliser pour tout cela et dans ce sens, Porto Alegre doit être considéré comme point de départ pour développer des dynamiques régionales, y compris en Asie.

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