Cet article est paru comme postface du volume Quand vient la nuit. Volontaires internationaux contre le fascisme (Espagne 1936-1939), sous la dir. de J. Batou, S. Prezioso et A.-J. Rapin, Paris, Syllepse, 2026, p. 811-826. Cet ouvrage représente la synthèse la plus complète sur le volontariat en armes et dans les services auxiliaires de dizaines de milliers d’hommes et de femmes venus des quatre coins du monde pour combattre le fascisme en Espagne, de 1936 à 1939. Nous le reproduisons comme « bonnes pages » sur notre site.
La guerre civile espagnole a été, dès son déclenchement, bien plus qu’un conflit interne classique au sein d’une communauté nationale. Dans les rues de Barcelone, dans les tranchées défendant Madrid ou sur les champs de bataille de l’Èbre, se sont condensées les tensions politiques et sociales qui touchaient toute l’Europe et, en partie, le monde de la seconde moitié des années 1930. C’était la première fois, dans l’histoire récente, qu’un conflit national devenait un terrain de mobilisation transnationale : non seulement les gouvernements et les diplomates avaient pris position, mais des dizaines de milliers d’individus avaient volontairement franchi les frontières qui les séparaient de l’Espagne pour se battre au nom d’idéaux qu’ils prétendaient universels (Pole 2025).
L’Espagne, laboratoire de l’antifascisme
Il s’agissait de la plus vaste mobilisation de volontaires en armes jamais enregistrée jusqu’alors, une mobilisation qui rendait, en comparaison, minuscules ou insignifiantes les expériences garibaldiennes ou celles des contingents internationaux dans les guerres d’indépendance du XIXe siècle. On a vu que cette masse hétérogène de combattants n’était pas composée d’aventuriers ou de mercenaires, mais de militants politiques, principalement d’ouvriers, de syndicalistes, mais aussi d’intellectuels et d’étudiants.
Pour beaucoup, le choix de partir signifiait une rupture avec leur famille, leur communauté et parfois même leur pays : ce n’est pas un hasard si certains gouvernements ont introduit des lois punitives à l’encontre de ceux qui avaient décidé de s’enrôler en Espagne en leur retirant leurs passeports ou en les menaçant de poursuites pénales (Kruizinga 2020). Néanmoins, l’attrait exercé par le conflit était tel qu’il l’emportait sur les menaces de répression. La guerre civile espagnole a donc été perçue, par toute une génération d’antifascistes, comme le point de non-retour, l’avant-goût d’un affrontement général entre fascisme et antifascisme.
En ce sens, l’Espagne a été un véritable laboratoire politique et militaire. Politique, car tous les grands courants idéologiques de l’antifascisme s’y sont retrouvés (et influencés) : communistes staliniens et antistaliniens, socialistes, anarchistes, républicains démocrates, catholiques progressistes, etc. Militaire, car les Brigades internationales et les milices ont expérimenté de nouvelles formes d’organisation, diffusé des techniques de guérilla urbaine et rurale, appris l’utilisation d’armes modernes et de tactiques de sabotage.
Comme nous l’avons dit, ce laboratoire espagnol ne s’est pas limité au champ de bataille. Les pratiques quotidiennes de cohabitation entre des volontaires de langues et de cultures différentes ont généré une forme inédite de cosmopolitisme militant de gauche. Contrairement au volontariat du XIXe siècle, souvent dominé par des figures héroïques isolées qui servaient de véritables mythes catalyseurs (de Byron à Garibaldi, en passant par Kossuth), émergeait ici, avec une clarté impressionnante, une communauté de masse, politiquement organisée et consciente de participer à une expérience historique collective (Graham 2012 :75-97). L’antifascisme, qui était une catégorie politique relativement nouvelle dans les années 1930, est devenu une sorte de lingua franca, capable d’unir des hommes et des femmes d’origines lointaines : du marin norvégien à l’ouvrier polonais, britannique ou français, de l’activiste afro-américain au combattant anticolonialiste arabe, de la syndicaliste espagnole, à l’exilé italien, allemand ou autrichien, mais aussi à la militante cubaine ou argentine (Marco & Thomas 2019 : 5-11).

L’attrait de l’Espagne n’était pas seulement politique, mais aussi symbolique. Madrid, assiégée en 1936, devint « la capitale du monde », selon une célèbre expression d’Hemingway. Sa défense fut interprétée comme la défense de la civilisation elle-même, et la défaite du fascisme dans la cité universitaire de la ville apparut à beaucoup comme une condition nécessaire pour empêcher la catastrophe qui menaçait l’Europe. En ce sens, la guerre civile espagnole a fonctionné comme un mythe fondateur : le mythe d’une solidarité internationale réelle, qui allait rester vivant bien au-delà de 1939 (Arielli 2018 : 219-221).
La guerre civile espagnole a donc inauguré un nouveau paradigme d’internationalisme armé qui va se perpétuer tout au long du siècle et (peut-être) au-delà. Les vétérans d’Espagne ont apporté non seulement des compétences techniques, mais aussi une culture politique qui concevait la lutte locale comme faisant partie d’un conflit planétaire. En ce sens, la guerre civile espagnole ne fut pas un simple épisode, mais le début d’un long cycle dont les échos ont nourri la Résistance européenne, les guerres de libération du joug colonial européen, les mouvements révolutionnaires latino-américains de la seconde moitié du XXe siècle et même certaines mobilisations plus contemporaines (Heiberg, Acciai& Bjerstrom 2025 : 1-18).
Dans les résistances européennes
La chute tragique de la République espagnole au printemps 1939 n’a pas mis fin au parcours politique et militaire des volontaires internationaux qui y avaient combattu. Au contraire, après leur retour forcé dans leur pays ou leur internement dans des camps de concentration français, nombre d’entre eux ont été les protagonistes d’une nouvelle saison de lutte qui allait bientôt prendre une dimension planétaire.
La Seconde Guerre mondiale, qui éclata cinq mois seulement après la fin du conflit espagnol, offrait à ces militants l’occasion de reprendre les armes, cette fois-ci contre l’expansionnisme nazi-fasciste dans toute l’Europe, et non plus seulement en Espagne (Gildea & Tames 2020 : 31-48). L’un des éléments les plus significatifs de cette continuité a trait aux pratiques militaires dans le champ antifasciste. De nombreux vétérans d’Espagne possédaient un bagage d’expériences sans pareil : ils avaient appris à organiser de petites unités mobiles, à mener des actions de sabotage et contre des infrastructures stratégiques, à combiner activités clandestines et propagande politique.
Bon nombre d’entre eux connaissaient les techniques de guérilla urbaine, le maniement des armes automatiques, la mise en place de réseaux logistiques pour le transport clandestin d’hommes et de matériel. Tout cela représentait un patrimoine précieux pour les mouvements de résistance européens qui devaient souvent improviser dans des conditions extrêmement difficiles. En même temps, les anciens combattants apportaient avec eux une culture politique transnationale et mondiale. En Espagne (et dans les camps français), ils avaient cohabité avec des militants de dizaines de pays, apprenant à considérer les conflits locaux comme faisant partie d’une lutte mondiale (Acciai & Cansella 2017).
Cette vision leur a permis de considérer la Résistance non seulement comme la défense de leurs patries occupées, mais aussi comme la poursuite de la lutte internationale contre le fascisme (Colombini & Greppi 2024). On comprend facilement à quel point cette sensibilité était essentielle sur un continent, l’Europe, où les frontières nationales traditionnelles avaient été bousculées par la logique impériale et expansionniste des forces nazi-fascistes.
En Italie, le lien entre l’Espagne et la Résistance était particulièrement évident. De nombreux volontaires italiens qui avaient combattu dans les Brigades internationales sont rentrés clandestinement, après le 8 septembre 1943, et ont rejoint les premières formations partisanes. Certains sont devenus des commandants importants : Luigi Longo, ancien commissaire politique de la Brigade Garibaldi en Espagne, fut l’une des figures centrales du mouvement partisan communiste ; Ilio Barontini, qui avait acquis de l’expérience d’abord en Espagne, puis en Éthiopie, fut l’un des promoteurs des techniques de guérilla urbaine adoptées par les GAP (Groupes d’action patriotique) (Peli 2014 : 22-62). L’expérience espagnole leur avait appris non seulement à utiliser les armes, mais aussi la nécessité de conjuguer action militaire et mobilisation politique (Heiberg, Acciai & Bjerstrom 2025 : 69-96).
En France, où de nombreux internationalistes avaient été internés dans les camps de Gurs, Vernet et Argelès, le souvenir de l’Espagne a alimenté la naissance des Francs-Tireurs et Partisans (FTP), la principale organisation de résistance communiste (Gildea 2015 : 205-239). Plusieurs anciens combattants de l’Èbre ou de Guadalajara ont été en première ligne dans les actions de sabotage ferroviaire, les attentats contre les dépôts allemands et les assassinats ciblés de collaborateurs. En Belgique et aux Pays-Bas, bien qu’à une échelle moindre, les vétérans d’Espagne ont constitué des cadres militaires précieux pour les réseaux clandestins qui devaient opérer dans des environnements urbains étroitement contrôlés.

La présence des vétérans d’Espagne fut également significative dans les Balkans. En Yougoslavie, le Parti communiste de Tito sut intégrer l’expérience des militants qui avaient combattu dans les Brigades internationales, notamment dans l’organisation d’unités mobiles et dans la construction d’une propagande capable d’unir la lutte nationale et le message révolutionnaire (Batinic 2015). En Grèce, certains anciens combattants ont trouvé leur place dans les formations de l’ELAS, l’armée partisane dirigée par les communistes. Bien que leur présence numérique ait été limitée, leur contribution en termes de formation et d’expérience a été importante, dans un contexte où l’occupation allemande était particulièrement brutale et où les ressources locales étaient rares. En Tchécoslovaquie, en Pologne et en Hongrie, les anciens brigadistes ont joué un rôle décisif dans la clandestinité antifasciste (Gildea & Tames 2020 : 39-46).
Beaucoup ont été arrêtés et déportés, mais d’autres ont réussi à organiser des réseaux de communication et de résistance (Kochanski 2024). Après 1945, dans les pays d’Europe de l’Est, leur expérience a également été utilisée pour légitimer les nouveaux régimes communistes, qui s’efforçaient de se présenter comme les héritiers directs de l’antifascisme international. Le fil rouge est clair : la guerre d’Espagne a servi d’école de guerre et de formation politique à des milliers de militants qui sont devenus les protagonistes de la Résistance européenne. Elle a fourni un répertoire de pratiques — de la guérilla urbaine à la propagande politique — et un imaginaire symbolique de fraternité internationaliste qui ont continué à vivre dans les forêts, les villes et les montagnes du continent occupé (Acciai 2020 : 353-365). Il nous semble que les résistances européennes, bien qu’ancrées dans différents contextes nationaux, ne peuvent être pleinement comprises et analysées sans tenir compte de l’influence et du poids de cet héritage espagnol.
Entre anticolonialisme et internationalisme armé
Pour poursuivre notre réflexion en nous tournant vers le monde de l’après-guerre et après être passés de l’Espagne à l’Europe, nous devons maintenant élargir notre horizon : les conséquences de la guerre civile espagnole se sont en effet propagées bien au-delà du Vieux Continent. Dès les années 1930, le conflit a attiré des combattants latino-américains, africains et asiatiques. Après 1939, beaucoup d’entre eux sont devenus des leaders des mouvements anticolonialistes dans leur pays d’origine. Dans le même temps, de nombreux vétérans européens ont trouvé un nouveau champ d’action politique et militaire dans les luttes de libération du Sud global. En ce sens, l’Espagne a servi de point de départ à des réseaux et à des mémoires qui ont alimenté les processus révolutionnaires et anticolonialistes des décennies suivantes (Ortiz 2023).
Pour de nombreux combattants espagnols issus du monde colonial, la défaite de 1939 n’a pas marqué la fin d’une époque, mais le passage de relais à un nouvel ennemi : l’impérialisme. La logique était claire et s’est rapidement répandue dans les discours et les textes de nombreux anciens combattants : le fascisme et le colonialisme étaient les deux faces d’une même médaille, des formes différentes d’oppression et de domination qui devaient être combattues avec des moyens similaires. La guerre contre Franco et Mussolini en Espagne s’est ainsi transformée, idéalement et souvent concrètement, en une guerre contre les puissances coloniales en Asie et en Afrique.
Voyons très rapidement à quoi nous faisons référence. Immédiatement après la fin de la Seconde Guerre mondiale, certains anciens combattants des Brigades internationales et des résistances européennes passés dans les rangs de la Légion étrangère française tentèrent de rejoindre le Viet Minh en Indochine dans la lutte contre l’occupation coloniale française. Malgré leur nombre très limité, leur présence avait une portée symbolique considérable au sein du Viet Minh : ils représentaient un lien direct avec l’expérience européenne et l’internationalisme antifasciste (Zecchini 2005). Certains anciens combattants antifascistes français, italiens et allemands ont ainsi dispensé une formation militaire, transmis des techniques de sabotage et contribué à la construction d’un discours assimilant le colonialisme au fascisme (Heiberg, Acciai & Bjerstrom 2025 : 107-136).
Un cas peut-être encore plus significatif, notamment en raison de sa proximité géographique, est celui de l’Algérie : la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962) fut l’un des conflits dans lesquels l’héritage espagnol apparut le plus clairement. Des vétérans antifascistes européens, souvent des militants communistes ou trotskistes, ont apporté un soutien logistique et politique au FLN, tant en termes de propagande que de transmission de compétences militaires. Aucun d’entre eux n’a rejoint directement les unités combattantes (non par manque de volonté, mais en raison de l’opposition du FLN) ; mais leur activité a été essentielle en tant qu’intermédiaires en relation avec les réseaux de solidarité européens (Porter 2011 ; Byrne 2016).
C’est toutefois en Amérique latine que l’héritage du volontariat antifasciste espagnol s’est fait sentir le plus fortement et où les lignes de continuité ont été les plus nettes. Dès les années 1930, des centaines de Latino-Américains avaient participé au conflit espagnol. Parmi eux, les Cubains se sont distingués par leur nombre et leur détermination : environ 1 200 volontaires venus de l’île caraïbe ont combattu dans les Brigades internationales. Beaucoup d’entre eux, de retour à Cuba, ont continué à jouer un rôle de premier plan dans la vie politique, transmettant l’expérience espagnole aux nouvelles générations. Lorsque la révolution cubaine a triomphé, en 1959, le lien avec l’Espagne a été ouvertement réaffirmé.

La lutte d’une nouvelle génération de révolutionnaires était considérée comme la continuation d’un parcours international dans lequel l’Espagne représentait la première grande bataille du XXe siècle. Ce n’est pas un hasard si Cuba est devenue le principal centre de rayonnement de l’internationalisme militant dans les années 1960, envoyant des combattants et des instructeurs en Afrique (Congo, Angola, Mozambique) et en Amérique latine (Bolivie, Guatemala, Nicaragua). Dans tous ces contextes, la mémoire de l’Espagne servait de référence mythique et politique (Heiberg, Acciai & Bjerstrom 2025 : 156-198).
Le Nicaragua des années 70, comme nous le verrons bientôt, a représenté la conclusion symbolique de ce cycle. Le Frente Sandinista de Liberación Nacional a su attirer des centaines de volontaires internationaux, dont beaucoup se référaient explicitement à l’expérience espagnole ; le Nicaragua est ainsi devenu une sorte d’aimant pour les militants, les intellectuels et les volontaires étrangers. Des centaines d’hommes et de femmes sont venus d’Europe, d’Amérique latine et d’Amérique du Nord pour soutenir le processus révolutionnaire. Certains ont participé directement aux opérations militaires contre la Garde nationale somoziste ; d’autres se sont engagés dans des programmes d’aide aux récoltes, d’alphabétisation, de santé et de reconstruction (Kadelbach 2006 ; Lewis 1993 ; van Ommen 2023). Dans les deux cas, la logique était la même que celle qui avait motivé les volontaires de 1936 : l’idée qu’une lutte locale s’inscrivait dans un combat mondial contre l’oppression. Les brigades de solidarité utilisaient aussi les chants, les symboles et les rituels des Brigades internationales, démontrant ainsi la persistance de ce modèle.
Le Nicaragua a également été un point de rencontre entre différentes générations. D’un côté, les vétérans de l’Espagne et des résistances, désormais très âgés, qui voyaient dans la révolution sandiniste la dernière incarnation d’une lutte commencée dans les années 1930. De l’autre, les jeunes militants des années 70, formés dans le cadre des contestations étudiantes et des mouvements anti-impérialistes, qui trouvaient au Nicaragua l’occasion de passer de la protestation à l’action concrète. Cette interaction générationnelle a produit un patrimoine politique et culturel extraordinaire. Les jeunes ont appris des vétérans le sens de la continuité historique, tandis que les vétérans ont trouvé dans la passion des jeunes la confirmation que leur expérience n’avait pas été vaine. En ce sens, le Nicaragua n’était pas seulement un front militaire, mais aussi un lieu de transmission symbolique, où se soudait une généalogie de l’internationalisme combattant (Heiberg, Acciai & Bjerstrom 2025 : 198-237).
Un aspect décisif concerne la rhétorique qui a accompagné ces mobilisations, tant en Asie qu’en Afrique et en Amérique latine. Dans les discours, les journaux militants, les affiches et même les chants, la guerre d’Espagne était constamment évoquée comme l’origine d’un nouvel internationalisme. Les combattants du Viet Minh ont été parfois décrits comme des garibaldiens d’Asie ; les militants du FLN ont été comparés aux défenseurs de Madrid ; les guérilleros sandinistes ont été célébrés comme les héritiers de l’Èbre. Cette rhétorique n’était pas seulement le fruit d’une propagande contingente. Elle remplissait une fonction pratique : elle donnait un sens et une légitimité à des conflits localisés, en les reliant à une tradition historique de résistance mondiale. Elle permettait de transformer la lutte d’un village indochinois, d’une ville algérienne ou d’une montagne nicaraguayenne en épisode d’un récit universel.
La guerre d’Espagne, avec son mélange d’héroïsme et de tragédie, continuait ainsi à vivre comme un mythe mobilisateur. Parallèlement au discours symbolique, il y avait aussi des transmissions concrètes de pratiques et de compétences. Les combattants de la lutte antifasciste apportaient souvent avec eux des connaissances techniques (utilisation d’armes automatiques, fabrication d’engins explosifs improvisés, tactiques de guérilla), des expériences organisationnelles (gestion de réseaux clandestins, logistique de guerre, propagande) ainsi qu’un éthos militant qui concevait la lutte armée comme une forme suprême de solidarité politique (Heiberg, Acciai & Bjerstrom 2025 : 237-259). Dans de nombreux cas, ce sont précisément les vétérans d’Espagne qui ont introduit dans les mouvements anticolonialistes des pratiques expérimentées dix ou vingt ans plus tôt sur le front ibérique. La figure du « combattant sans frontières » est ainsi devenue un archétype, incarné par des militants qui passaient d’un conflit à l’autre, tissant des réseaux invisibles, mais durables.
La fin d’une tradition ?
Le Nicaragua avait semblé représenter la fin d’un cycle historique. Dans les années 1980, le contexte international avait radicalement changé. La guerre froide avait pris une dimension mondiale, les États-Unis et leur classe dirigeante étant plus que jamais déterminés à contenir et à réprimer toute expérience révolutionnaire dans l’hémisphère occidental. Parallèlement, les mouvements pacifistes gagnaient en puissance en Europe et en Amérique du Nord, s’opposant non seulement aux guerres impérialistes, mais aussi à l’idée même qu’un changement puisse passer par des pratiques de volontariat armé.
Le mythe du volontaire international armé, central en 1936 et toujours vivant en 1979, commençait ainsi à perdre de son aura parmi ceux qui en avaient constitué la base pendant ces décennies. De plus en plus souvent, la solidarité internationale de la gauche (liée de près ou de loin à l’anti-impérialiste) prenait des formes nouvelles et différentes : brigades d’alphabétisation, médecins volontaires, coopérants pour le développement. L’internationalisme civil remplaçait ainsi, de manière progressive, mais rapide et inexorable, l’internationalisme militant et armé. Un nouveau paradigme s’imposait, dans lequel la solidarité adoptait des moyens non violents (Mohandesi 2023). Cela ne signifie pas que l’héritage symbolique de la guerre civile espagnole avait disparu, loin de là, mais plutôt qu’il avait été traduit dans des langages différents, plus actuels et détachés du volontariat armé. Cette transformation témoignait encore, d’une façon différente, de la continuité du mythe espagnol, bien que cela dépasse le cadre de notre propos.
Au cours de ces étapes, il semblait que le volontariat armé redevenait, comme dans le lointain passé, un phénomène lié principalement à des motifs religieux, bien qu’il ne faille pas négliger les raisons socio-économiques et ethnoculturelles qui les alimentent le plus souvent (Souleimanov & Colombo 2024). La guerre de résistance à l’occupation soviétique de l’Afghanistan (1979-1989) a marqué, à cet égard, un tournant décisif, transformant le volontariat armé, essentiellement laïc, en un mouvement fortement associé à l’islam. Avec l’Afghanistan, le djihad est devenu un cadre discursif capable d’attirer des milliers de combattants musulmans originaires de dizaines de pays, donnant naissance au phénomène connu sous le nom de « Afghan Arabs » (Malet 2013 : 158-195).

Il nous semble que ce changement de paradigme découlait d’une combinaison de facteurs. Tout d’abord, la nature du conflit : il ne s’agissait plus d’une guerre civile interne, mais de la résistance d’un pays musulman contre l’invasion d’une puissance étrangère non musulmane, l’Union soviétique. Ce scénario a permis de présenter la lutte comme un djihad défensif, un devoir religieux collectif pour l’oumma (Arielli 2018 : 57-65). Ensuite, l’intervention de figures charismatiques, telles qu’Abdallah Azzam, dont la pensée et l’activité organisationnelle ont été décisives pour présenter la guerre en Afghanistan comme un devoir islamique universel. Il a su créer des structures logistiques, des réseaux de recrutement et des canaux de propagande qui ont transformé un phénomène marginal en un mouvement autonome pouvant compter sur des milliers de participants. C’est Azzam lui-même qui a développé une nouvelle vision du volontariat transnational armé : une mobilisation panislamique contre une agression extérieure (Hegghammer 2020). Le volontariat djihadiste aurait ainsi drainé quelque 41 000 volontaires étrangers en Syrie et en Irak (Cook & Vale 2018, 4).
C’est ainsi qu’entre le Nicaragua et l’Afghanistan, le volontariat transnational armé a pris une dimension mondiale totalement nouvelle, y compris (et surtout) aux yeux de l’opinion publique occidentale. Dans les discours d’Azzam et de ses disciples, la participation au djihad n’était pas seulement un acte politique, mais un devoir religieux et un cheminement spirituel, souvent lié à l’idéal du martyre final. De cette manière, le répertoire du volontariat s’est étroitement lié à l’islam politique le plus radical, inaugurant une longue séquence de djihadisme transnational (Arielli 2018 : 62). Les effets ont été profonds. D’une part, un véritable « internationalisme islamique armé » s’est constitué, avec des combattants qui, après l’Afghanistan, se sont déplacés en Bosnie, en Tchétchénie, en Algérie ou en Syrie, transférant leurs réseaux, leurs savoir-faire militaires et leur idéologie. D’autre part, la dimension religieuse a rendu le phénomène d’autant plus résilient, capable de survivre à la fin d’un conflit spécifique, selon un modèle qui semblait reproduire celui que nous avons décrit.
L’expérience du Rojava
Avec la fin de la Guerre froide, l’effondrement de l’Union soviétique et les terribles guerres qui ont bouleversé la Fédération yougoslave, toute idée d’internationalisme militaire associé à une motivation de type politique semblait avoir définitivement disparu. En réalité, il n’en était rien. Si l’on considère l’époque la plus récente, en particulier la dernière décennie, on a indiscutablement assisté à la renaissance d’un volontariat transnational en armes, clairement identifiable sur le plan politique, avec une ampleur et un impact différents des précédents historiques que nous venons d’évoquer. Cela s’est produit tant en Syrie qu’en Ukraine.
Si, pendant des décennies, la scène a été dominée par des militants islamistes ou même par des extrémistes de droite, les années 2010 ont vu le retour sur le devant de la scène d’acteurs issus de la tradition révolutionnaire et antifasciste. Leur présence, bien que minoritaire, a pris une importance politique et symbolique considérable, rappelant, certes de façon beaucoup plus modeste, l’expérience des Brigades internationales et, plus généralement, l’internationalisme militant du mouvement communiste, socialiste et anarchiste de la seconde moitié du XXe siècle sur lequel porte notre réflexion.
La révolution populaire, suivie de la guerre civile syrienne, qui a éclaté en 2011 et s’est radicalisée avec la montée en puissance de l’État islamique, à partir de 2014, a été le principal catalyseur de la nouvelle vague de volontariat de gauche. Les Unités de protection du peuple (YPG), milices kurdes engagées dans la défense du Rojava, ont attiré des centaines de volontaires occidentaux, souvent de jeunes militants issus de mouvements anarchistes, socialistes ou écologistes. L’intérêt n’était pas seulement lié à la lutte contre l’EI, perçu comme un ennemi international en raison de son idéologie réactionnaire, de sa violence extrême et de sa capacité à frapper indistinctement les populations civiles par des attentats meurtriers, mais surtout au projet politique que les YPG prétendaient incarner (Corradi 2023).
Le Rojava a été présenté comme une expérience de démocratie radicale, avec des éléments forts d’autonomie locale, de participation directe et d’égalité des sexes. Pour de nombreux militants de gauche en Europe et en Amérique du Nord, les rejoindre signifiait soutenir une révolution sociale, et pas simplement prendre part à un conflit armé. Certains groupes, notamment dans les milieux anarchistes et communistes, ont décrit cette expérience comme « l’Espagne de notre époque ».

Selon un combattant américain, les Occidentaux qui se sont enrôlés pour combattre dans les milices kurdes pourraient être divisés en trois catégories : « les marxistes et les idéalistes ; les anciens militaires qui en avaient assez de la vie civile et, enfin, les fous » (Gifford 2020 : 15-18). Rien de nouveau sous le soleil, pourrions-nous ajouter en considérant ce phénomène dans une perspective historique. Ce qui unirait les trois groupes susmentionnés serait la volonté commune de contribuer à mettre fin aux violences barbares de l’État islamique. Être volontaire dans les milices kurdes signifiait souvent vouloir représenter le monde occidental dans cette lutte (Weiss 2021 : 383). Là encore, il n’y a rien de radicalement nouveau : même dans l’Espagne de 1936, par exemple, il existait un dénominateur commun entre tous les volontaires, à savoir la volonté de lutter contre le fascisme en tant que menace mondiale. En bref, nous préférerions diviser les récents volontaires en Syrie en deux groupes : les « apolitiques », ceux qui ont interprété le conflit en cours avant tout comme une lutte entre laïcité et théocratie, et les « politiques », ceux qui ont également voulu participer à la révolution en cours au Rojava, comme nous l’avons mentionné ci-dessus.
En réfléchissant à cette nouvelle génération de volontaires en armes, qui a contraint les médias occidentaux à se confronter à un phénomène que l’on croyait désormais relégué à l’histoire, l’anthropologue Nerina Weiss a souligné que, pour comprendre les processus de mobilisation, il est nécessaire de les replacer dans une dimension plus large, de type politique, temporel et social (Weiss, 2021 : 377). Selon elle, les convictions politiques individuelles auraient notamment joué un rôle très important (comme à d’autres périodes de l’histoire, ajouterions-nous). « Je ne suis pas un fou, un inconscient, quelqu’un qui se trouve ici par hasard. Je n’aime pas les guerres », écrivait l’Italien Lorenzo Orsetti à son arrivée en Syrie, « la révolution kurde est ce qui se rapproche le plus de mes idéaux, et c’est un plaisir et un honneur d’y participer » (Orsetti 2021 : 40). Les mobilisations pour la Syrie ne sont pas nées de rien ; elles se nourrissent en effet de la longue tradition que nous essayons de décrire ici. Les expériences les plus récentes se sont inspirées et s’inspirent encore de ce patrimoine symbolique. La rhétorique de la solidarité internationale, la conviction que chaque conflit local fait partie d’une lutte mondiale et le recours à des références historiques, telles que la Révolution ou la République espagnole, de même que la Résistance européenne, établissent des continuités imaginaires qui renforcent la légitimité des nouvelles mobilisations.
Ce n’est pas un hasard si de nombreux volontaires arrivés en Syrie ont utilisé des symboles, des drapeaux et des slogans directement liés à cet héritage : des étoiles rouges aux poings serrés, en passant par les chants de la tradition antifasciste européenne. En 2016, l’Italo-Marocain Karim Franceschi, l’un des premiers Occidentaux à s’être enrôlé, a déclaré avoir choisi les YPG parce qu’il y trouvait des « idéaux de justice » auxquels il adhérait, « combattant avec des camarades qui défendent la démocratie, la laïcité, le féminisme », malgré la menace représentée par Daech. Selon lui, ces combattants se seraient organisés « non seulement pour se défendre, mais aussi pour construire une société différente ».
Karim Franceschi n’avait guère de doutes sur les raisons de son engagement : « Pas pour l’argent, soyons clairs : j’y vais et j’en reviens à mes frais, je ne touche pas un centime. Non, je le fais par idéologie : les valeurs socialistes sont mes valeurs, je suis communiste » (Saviano 2016). Un volontaire albanais, dont le nom de guerre est Azad, a été plus clair et plus direct : « Je sentais en moi le besoin de suivre les traces de mon grand-père, partisan et communiste convaincu, et de toutes ces milices internationales qui ont combattu pendant la guerre civile espagnole et pour défendre la révolution en Catalogne » (Omaggio al Rojava 2019 : 40). Le témoignage d’un combattant français estime le nombre d’internationaux engagés aux côtés des combattants kurdes du Rojava à 700 (Hébert 2019).
Le scénario ukrainien
Si la Syrie a représenté un pôle d’attraction pour ceux qui cherchaient une expérience révolutionnaire, la guerre en Ukraine — qui a débuté en 2014 et s’est intensifiée après l’invasion russe de 2022 — a offert un autre scénario, dans lequel quelque 100 à 150 volontaires étrangers se sont engagés dans une perspective anticapitaliste, antiautoritaire et anti-impérialiste (Ratelle et de Franqueville 2025). Ces militants antifascistes occidentaux, d’Europe de l’Est, de Géorgie et de Russie ont rejoint les forces ukrainiennes, motivés par l’idée de défendre un pays agressé par l’impérialisme russe et de combattre le régime d’extrême droite de Poutine. D’anciens combattants du Rojava ont ainsi décidé de poursuivre leur parcours militant en Ukraine, passant d’un front à l’autre. La Syrie avait été leur point de départ et de formation : ayant combattu avec les YPG, ils possédaient une expérience militaire qu’ils allaient réinvestir en Ukraine. Cela a créé une sorte de communauté transnationale informelle de combattants qui ont maintenu des liens au-delà des frontières nationales (Rekawek 2023 : 3-4).
Cette circulation des personnes et des compétences montre que le volontariat de gauche n’est pas aujourd’hui, tout comme hier, un phénomène épisodique, mais fait partie d’un circuit transnational qui relie différents conflits et produit des figures de « volontaires de carrière », capables de se déplacer d’un théâtre de guerre à l’autre tout en conservant une identité politique et idéologique (plus ou moins) cohérente. Bon nombre des volontaires de gauche qui se sont récemment engagés sur différents fronts (tant en Syrie qu’en Ukraine) avaient un passé d’activisme politique dans des mouvements sociaux, des centres sociaux, des organisations syndicales ou des collectifs antifascistes (Weiss 2021). Pour eux, le choix de partir était souvent la suite logique d’un engagement mûri au fil du temps. Les réseaux de recrutement et de mobilisation n’étaient pas centralisés, mais fonctionnaient grâce à des contacts personnels, des groupes en ligne et des communautés militantes qui mettaient en relation différentes villes d’Europe et d’Amérique du Nord.
En ce qui concerne l’Ukraine, il convient de distinguer clairement deux périodes. Dans la première, de 2014 à 2016, la présence la plus médiatisée a été celle des combattants d’extrême droite, attirés par le début du conflit comme une occasion de s’entraîner et de se renforcer. Ils s’engagent alors du côté russe, avec les séparatistes du Donbass, comme du côté ukrainien (Larys 2026 ; Marone 2024 ; Ratelle, Seales et Wenger 2023 ; Toscano & Grippo 2023). Quelques volontaires néostaliniens, notamment espagnols et italiens, choisissent de se ranger du côté des républiques autoproclamées du Donbass, interprétant le conflit comme une lutte contre l’OTAN et l’expansion de l’Occident. Ils sont alors amenés à combattre aux côtés de contingents d’extrême droite, ce qui conduit certains d’entre eux à déchanter. Même si leur nombre est demeuré anecdotique, leur présence a accrédité la thématique d’un « cocktail rouge-brun » (Rekawek 2023, 14, 149-151 ; Guerra 2024).

Une seconde période s’ouvre clairement après le 24 février 2022. Dès lors, les combattants étrangers anti-autoritaires, socialistes, communistes, mais surtout anarchistes, s’engagent aux côtés de l’Ukraine, une nation historiquement opprimée, aujourd’hui agressée, affichant une hostilité déclarée à l’égard des forces de droite et d’extrême droite (Rekawek 2023 ; Koehler et Mares 2025, 10). Quant aux volontaires étrangers d’extrême droite, ils ne constituent plus qu’un « flux au compte-gouttes », pour reprendre les termes de Rekawek (2022). La majorité des Occidentaux qui s’engagent sur le front ukrainien, issus principalement des États-Unis, de Grande-Bretagne et du Canada, répondent à des injonctions politiques plus communes, comme la défense des libertés et de la démocratie, à des préoccupations morales et humanitaires, ainsi qu’à la volonté de résister à l’expansionnisme russe (Arutyunovaa & Bocchese 2025, 422-423 ; Panait 2024). Comme s’en explique l’un d’eux, ce sont « des citoyens du monde concernés », mobilisés en défense d’un peuple agressé. Ici, commente un vétéran états-unien de la guerre en Irak, les enjeux sont plus clairs qu’au Moyen-Orient (Rekavew 2022).
Toutefois, le contingent de combattants étrangers le plus important recouvre sans aucun doute les quelques milliers d’engagés originaires des diverses nationalités confrontées en première ligne à l’impérialisme russe ou directement opprimées par lui, notamment les Polonais, les Biélorusses (Josticova & Aliyev 2024 ; Lozka & Marples 2025), les Géorgiens (Kowalek 2022) et les Tchétchènes (Souleimanov & Colombo 2024), qui se mettent au service de l’Ukraine pour le combattre. Des opposants russes au régime de Poutine les ont également rejoints. Les volontaires de Tchétchénie et de Biélorussie, qui subissent directement ou indirectement le joug du régime de Vladimir Poutine, pourraient quant à eux sans doute reprendre à leur compte le slogan des combattants antifascistes italiens dans les milices ou les Brigades internationales : « Aujourd’hui en Espagne, demain en Italie ».
La réapparition du volontariat armé de gauche en Syrie et en Ukraine ne doit pas être interprétée uniquement comme un renouveau nostalgique du passé, mais comme l’adaptation d’une tradition aux conditions du présent. L’absence de structures centralisées n’a pas empêché le développement de réseaux informels, alimentés par les réseaux sociaux, les ONG militantes, les campagnes de solidarité et les canaux de communication alternatifs. En Syrie, l’élément central a été la participation à un projet politique innovant et différent de ceux dont les volontaires étaient issus, un projet perçu comme révolutionnaire et donc capable d’incarner des idéaux universels d’émancipation. En Ukraine, en revanche, la mobilisation a pris un caractère plus défensif et pragmatique : la nécessité de résister à l’agression impérialiste russe ou, pour une petite minorité d’entre eux, de défendre « le camp » anti-occidental. Dans tous les cas, cependant, les guerres locales ont été interprétées comme les nœuds d’un conflit plus large, qui opposait des systèmes de pouvoir et des modèles sociaux à l’échelle mondiale, comme cela s’est produit en Espagne et dans les autres conflits que nous avons évoqués jusqu’ici.
La parabole du volontariat armé de gauche, de 1936 au XXIe siècle, montre donc la persistance d’un imaginaire politique au fil de neuf décennies et confirme la persistance d’un internationalisme militant qui, bien que numériquement réduit par rapport aux périodes précédentes, continue d’exercer de nos jours une forte attraction symbolique et politique. Les expériences de la Syrie et de l’Ukraine semblent montrer que, même à l’ère de la mondialisation et des réseaux numériques, le choix de prendre les armes au nom de la solidarité internationale n’a pas disparu, mais s’est plutôt transformé. Dans cette perspective, le volontariat armé de gauche continue de représenter un élément important de l’histoire des conflits transnationaux et de la politique contemporaine.
* Cet article est paru comme postface de l’ouvrage Quand vient la nuit. Volontaires internationaux contre le fascisme (Espagne 1936-1939), sous la dir. de J. Batou, S. Prezioso et A.-J. Rapin, Paris, Syllepse, 2026, p. 811-826.
Enrico Acciai est professeur associé à l’Université de Rome Tor Vergata. Il est l’auteur de nombreuses publications sur le volontariat armé à l’époque contemporaine. Parmi les plus récentes : Garibaldi’s Radical Legacy (Londres-New York, Routledge, 2022) et, avec Morten Heiberg et Henrik Bjerström, Armed Internationalists. Transnational Volunteering in the Twentieth Century (Cambridge, Cambridge University Press, 2025).
Jean Batou est professeur émérite d’histoire internationale contemporaine à l’Université de Lausanne.
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