
L’Œil du maître
Édition : entremonde, 2025
Description :
Essai traduit de l’anglais par Julien Guazzini
Préface de André Boetto
L’intelligence artificielle prétend percer le mystère de l’intelligence, dont le secret se cacherait dans l’esprit humain ou la physiologie du cerveau. À rebours de ce mythe, L’Œil du maître en propose une généalogie matérialiste : depuis les origines algorithmiques des rites de mesure jusqu’aux dispositifs contemporains d’automatisation et de surveillance, l’IA apparaît comme une technique d’appropriation du travail collectif.
Son code n’imite pas l’intelligence biologique, mais la structure du travail, de l’automatisation et des relations de pouvoir qui organisent la production depuis l’ère industrielle. Des machines à calculer de Babbage aux algorithmes de reconnaissance d’images, elle devient l’instrument d’extraction, de contrôle et d’organisation de l’activité humaine.
Se dessine alors la figure du maître : celui qui règle les rythmes, les cadences et les gestes, qui organise le savoir et conditionne les conduites. Loin des fictions de conscience machinique, le « mystère » de l’IA n’est rien d’autre que l’automatisation portée à son point extrême – c’est-à-dire l’approfondissement de la domination du capital.
Matteo Pasquinelli est professeur associé en philosophie des sciences à l’Université Ca’ Foscari de Venise. Son livre L’Œil du maître a reçu le Deutscher Memorial Prize en 2024.
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