Des millions d’Américains ont été profondément choqués et sont de plus en plus en colère après le meurtre de Renee Nicole Good par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Des dizaines de milliers de personnes ont participé aux manifestations « ICE Out For Good » (ICE, hors d’ici pour de bon) dans un millier de villes, les 10 et 11 janvier. À New York, les manifestant·es brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Abolissez l’ICE maintenant ! », « À bas les masques ! Non à la police secrète ! », « Trump doit dégager maintenant ! ». En passant devant la Trump Tower, les manifestant·es ont crié « Fuck
Trump ! ».
Le chanteur, Jessie Welles a déjà composé une chanson pour dénoncer ce crime odieux :
Un crime d’État
Les agents de l’ICE ont assassiné Good, une mère de trois enfants, âgée de 37 ans, qui était présente sur les lieux d’une de leurs opérations, le 7 janvier 2026, pour manifester sa solidarité avec sa communauté et ses immigrant·es. Lorsqu’elle a été approchée par les agents, elle a tenté de s’éloigner en voiture, mais l’un d’eux a tiré trois coups de feu sur son véhicule, la tuant sur le coup. Good, une citoyenne américaine, née aux États-Unis, décrite comme une « chrétienne fervente », était écrivaine et poète.
Le président Donald Trump, le vice-président J.D. Vance et la secrétaire du département de la Sécurité intérieure (DHS) Kristi Noem ont tous affirmé de manière absurde que Good avait agressé les agents de l’ICE. Noem l’a qualifiée de « terroriste nationale », affirmant qu’elle avait suivi et harcelé les agents toute la journée. Les médias conservateurs et les blogueurs ont amplifié les accusations contre Good, la rendant responsable de son propre meurtre.
Après la fusillade, Trump a annoncé qu’il gelait les bons alimentaires dans le Minnesota. Et Noem a déclaré qu’en raison de fraudes présumées commises par des immigrant·es somaliens à Minneapolis, elle envoyait des centaines d’agents supplémentaires de l’ICE à Minneapolis, une autre provocation qui conduira à davantage de violence. Tout cela a provoqué autant de colère que le meurtre lui-même.

Les autorités locales se rebiffent
Les responsables locaux et régionaux ont condamné le meurtre de Good, accusant l’ICE d’avoir semé le chaos, provoqué des violences et causé sa mort. Le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, a déclaré à la presse : « Je n’ai qu’un mot à dire à l’ICE : foutez le camp de Minneapolis. Nous ne voulons pas de vous ici. »
Les autorités locales ont déclaré que l’ICE les empêchait d’enquêter sur le meurtre et ont exigé d’être autorisées à mener les investigations. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, également démocrate, a qualifié le meurtre de Good de « prévisible » et « vain ». « Nous avons quelqu’un qui est mort dans sa voiture sans aucune raison. » Il a déclaré que protester contre ce meurtre était « un devoir patriotique ».
Walz a également déclaré qu’il faisait appel à la Garde nationale de l’État pour protéger la population du Minnesota. Aux États-Unis, la Garde nationale est composée de personnes issues des communautés locales de l’État, dont beaucoup s’engagent dans la garde pour obtenir des bourses d’études. La Garde ne fonctionne pas habituellement comme une force de police et n’est appelée qu’en cas d’urgence, comme des incendies, des inondations ou des émeutes violentes, et elle fait rarement usage de ses armes.
Une confrontation nationale
On peut dès lors imaginer une confrontation possible entre la Garde nationale, commandée par le gouverneur démocrate Walz, et l’ICE commandée par Trump. Une telle confrontation permettrait à Trump d’invoquer la loi sur l’insurrection et d’envoyer l’armée américaine pour contrôler l’État. Dans un tel cas, cela reviendrait à déclencher une guerre civile locale.
« Le meurtre de Renée Nicole Good est une abomination, une honte, et le sang est clairement sur les mains des membres de l’administration qui ont voulu une politique extrême qui n’a rien à voir avec l’application des lois sur l’immigration visant à expulser les criminels violents de ce pays », a déclaré le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.
Le sénateur démocrate Chris Murphy prépare une loi qui obligerait les agents de l’ICE à avoir des mandats d’arrêt, leur interdirait de porter des masques lorsqu’ils mènent des opérations de contrôle et empêcherait les agents de la police des frontières d’opérer loin de la frontière. Certains démocrates menacent de retirer leur financement à l’ICE. « Les démocrates ne peuvent pas voter pour un budget [du département de la Sécurité intérieure] qui ne limite pas l’anarchie croissante de cette agence », a déclaré M. Murphy.
ICE, une armée personnelle
Le meurtre de Good n’était pas un incident isolé. Le 8 janvier, deux agents de la police des frontières ont arrêté une voiture et ont tiré sur deux immigrants vénézuéliens à Portland, dans l’Oregon. L’administration affirme que l’un d’eux était membre du Tren de Aragua, un gang vénézuélien, mais n’a fourni aucune preuve. L’ICE a tiré sur au moins 16 personnes depuis le retour de Trump au pouvoir et en a tué quatre. Dans le même temps, 32 personnes détenues par l’ICE sont décédées pour diverses raisons.

L’administration Trump a expulsé 605 000 immigrants à ce jour, tandis que 1,9 million se sont « auto-expulsés », généralement pour éviter d’être renvoyés. Ceux qui « s’auto-expulsent », c’est-à-dire qui sont contraints de partir, reçoivent parfois un billet d’avion et une aide financière de 1 000 dollars.
Est-ce le tournant que nous redoutions ? Trump a adopté l’idéologie nationaliste chrétienne blanche et souhaite chasser les immigrant·es de couleur des États-Unis. Il a transformé l’ICE en son armée personnelle, une police politique, afin de terroriser les immigrant·es et leurs alliés. La violence croissante vise à intimider le grand public. Certains craignent que nous ne glissions vers le fascisme, c’est pourquoi nous devons continuer à résister en organisant des manifestations pacifiques toujours plus importantes et plus militantes.

